L'édito

L'édito

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Tornado Alley, samedi 1er au lundi 3 juin : long voyage de retour

Les vacances sont finies ! On quitte le sud-ouest Texas pour Denver, plus de 1.000 km et une dizaine d'heures de route…

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Après une nuit passée à Fort Stockton, dans le Texas, nous entamons une longue route vers Denver, dans le Colorado, où nous devons prendre notre premier avion pour Charlotte, Caroline du Nord. Un départ sous le soleil.

Les cumulus tournent rapidement en cumulonimbus au loin. Pendant ce temps, sous l'ardente chaleur du soleil, des flaques d'eau fantômes se dissipent sur la route, elle-mêmes semblant se déformer sous l'effet des chauds rayons ensoleillés. 

Une chaleur marquée qui occasionne de nombreux dust devils, petits phénomènes tourbillonnaires se succédant le long de la route tels une haie d'honneur pour saluer notre superbe périple dans la Tornado Alley.

L'ambiance se fait de plus en plus lourde et orageuse. Sans le vouloir, nous croisons encore le chemin d'orages américains !

Obligés de traverser l'orage, foudre, tonnerre, pluie abondante et grêle nous accompagnent pendant quelques minutes dans le Colorado.

Après la pluie, le beau temps. Les nuages se déchirent et laisser passer l'astre du jour.

Denver. Les formalités habituelles à l'aéroport après avoir rendu la voiture cabossée par la grêle quelques jours plus tôt. Aucun problème pour cette restitution. Au total, nous aurons parcouru 13.800 km à travers les grandes plaines, équivalent à la distance Paris-Darwin (nord de l'Australie) !

C'est l'heure du décollage. Direction Charlotte pour une escale de 5 heures, avant de rejoindre la France et Paris par un vol de nuit. 

Et nous voilà arrivés sur le sol français à Paris CDG. La fatigue du voyage se fait plus ou moins sentir dans notre club des 4. La journée sera longue, ponctuée de siestes. Après un petit déj chez Bruno, chacun rejoint ses pénates dans la journée. Le point final d'un superbe voyage, orchestré de main de maître par mon cher ami Bruno, comme en 2014 et 2015, sans qui je n'aurais peut-être pas encore du de tornade. Merci à toi ! La prévision et le routage ont été assuré à la perfection par mon ami Jordan, qui nous a excellemment placé durant toute la quinzaine, digne d'un pro dès son premier voyage étasunien ! La photo et les ambiances ont été immortalisées par mon ami Jean-Jacques Kelner, passionné de nature.

Le véritable point final de cet édito aura lieu dans quelques jours, petit bilan de ce voyage qui restera à jamais dans nos mémoires... A très vite ! :-)

Tornado Alley, vendredi 31 mai : dernière chasse

Sonora, Texas. On fait moins de kilomètres que d'habitude pour nous placer sur la situation orageuse du jour, marquée essentiellement dans le sud-ouest du Texas…

Pour une fois, rien ne presse. Les orages doivent se développer plus tard que les jours précédents. On fait quelques kilomètres vers le sud-ouest. On se pose au bord d'une route, en plein désert, en attendant l'orage. Un désert assez vert en cette saison, les pluies orageuses étant assez fréquentes, en particulier cette année. On prend le temps de se faire un resto mexicain. Exit les burgers pour ce midi !

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La panse bien remplie, on repart sur la route à la rencontre d'une première cellule orageuse. Pas terrible celle-là, peu esthétique et assez peu active en dehors d'une grosse pluie se terminant par un arc-en ciel. 

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On poursuit encore vers le sud-ouest, pas trop loin, pour surveiller une cellule orageuse plus puissante, évoluant même en supercellule. Notre quotidien depuis notre arrivée sur le sol étasunien ! 

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Un beau déchaînement de foudre par moments ! Heureusement, pas de foudre aussi proche que la veille. Elle reste à un distance raisonnable. A moins que ce soit nous qui restions un peu à l'écart en fait. ;-)

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Comme tous les jours, la supercellule montre des signes d'abaissements nuageux et de rotations. Une tornade serait-elle imminente ? On continue de scruter le ciel.

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Jordan nous indique une nette hausse de la vélocité juste devant nous. Il a raison ! Un landspout, tornade de 2eme catégorie, se forme avec un buisson assez marqué. Une sorte de tornade non condensée, mais dont la poussière monte jusqu'à la base du nuage orageux. Ce type de phénomène, faible, n'est pas dangereux. Il ne durera pas longtemps. A peine 5 minutes. Le SPC le comptabilisera en tant que tornade.

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Outre le phénomène tourbillonnaire, le vent souffle fort voire violemment, soulevant la poussière à l'avant de l'orage.

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Mais la supercellule perd en vélocité et en puissance. Elle ne donnera plus grand chose dans un environnement partiellement montagneux. On repart sur une autre cellule, un peu plus au sud. Elle nous donnera essentiellement un spectacle électrique avec de nombreux coups de foudre.

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C'est ainsi que ce voyage s'est terminé. Un beau clap de fin, avec ce landspout de 5 minutes, une ambiance sympa en milieu désertique et de la foudre pour mes amis photographes. Si nous décollons seulement dimanche matin très tôt, la journée de samedi sera dédiée à rouler jusqu'à Denver où nous reprendrons l'avion pour la France. Près de 1200 km à faire en une douzaine d'heures, ça va le faire ! A très vite pour un petit bilan de ce super séjour !

Pour finir, quelques photos de notre JJK :

Tornado Alley, jeudi 30 mai : coups de foudre

Pour une journée censée être calme, elle nous a offert un très large panel de ce qu'un orage peut offrir dans le sud-ouest du Texas…

Après un petit déj assez light en compagnie d'un groupe de chasseurs belges, on quitte Eastland, direction le sud-ouest du Texas. Jordan au volant, on doit stopper net, une énoooorme araignée agresse brutalement Bruno en route, se posant sur sa cuisse. Malgré nos recherches, on ne retrouve pas l'arachnide, sans doute cachée dans le bas de caisse. On la retrouvera finalement le lendemain matin. Jordan prend en photo le monstre, effectivement effrayant ! :-D

Bon allez, on repart vers les premières cellules orageuses. On choisit celle située la plus au sud, a priori la plus intéressante. Elle est déjà puissante à 14 heures puisqu'il s'agit d'une supercellule donnant par moments des grêlons de 10 cm de diamètre en son coeur. Nous évitons ces glaçons célestes au risque d'y laisser le pare-brise !

On traverse tout de même une partie de l'orage. Un déluge de pluie parsemée d'un peu de grêle s'abat sur nous, poussé par des violentes rafales de vent. Des crues subites sont à redouter plus bas. On croise l'équipe de Belgorage sur la route.

Les "flash floods" ou crues-subites sont effectivement là sur certains secteurs routiers. On peut passer malgré tout.

Le déluge de grêle a blanchi le paysage. Les petites montagnes sud-texanes se sont parées d'un manteau blanc et de brume. Une ambiance hivernale après l'orage !

On tombe même sur éboulement d'eau, de terre, de grêle et de pierres de taille assez importantes. Même pas peur ! On passe sans encombre la zone "sinistrée".

Un peu plus tard, on passe à nouveau à l'avant de l'orage, en remontant en altitude. A peine sortons-nous de la voiture qu'un double impact de foudre tombe à moins de 100 mètres de nous dans un grand fracas de tonnerre ! On a eu très chaud ! Les belges de l'hôtel sont là aussi ! La foudre pouvant à tout moment retomber très près de nous, tout le monde "rampe" pour éviter de jouer au paratonnerre !

On s'avancera à plusieurs reprises pour devancer la supercellule. Elle est esthétique et très électrique, lâchant de très nombreux coups de foudre ! Alors qu'on roule, elle tombe à quelques mètres de nous à ma gauche dans un vacarme assourdissant. Je suis brièvement choqué... pourtant à l'abri dans la voiture. Finalement plus que quelques minutes avant, alors que nous étions exposés au risque de foudroiement.

La chasse, débutée vers 14 heures, se poursuit jusqu'à la tombée de la nuit, vers 20h30. 6h30 de chasse sur le même orage qui aura fait environ 200 km de trajet ! Il s'agira d'ailleurs de la seule cellule orageuse intéressante dans le Texas. Bien joué, on aura été dessus toute la journée.

Le déluge de foudre se poursuit. La supercellule aura offert de nombreuses rotations tout au long de l'après-midi jusqu'en début de soirée, sans aller jusqu'à la tornade. Le ciel est superbe.

L'orage finit par former un énorme front de rafales en soirée, alors que la foudre a tendance à diminuer.

On laisse l'orage s'éloigner pour passer la nuit un peu plus au nord, à Sonora. Arrivés par trop tard cette fois-ci, cela nous permettra de nous reposer de ces dernières journées bien remplies !

Pour finir, comme d'habitude, voici quelques photos de notre JJK national préféré (Jean-Jacques Kellner) :

Tornado Alley, mercredi 29 mai : bonne petite chasse

Beaucoup de kilomètres, un peu trop. La situation du jour se passant dans le nord du Texas, nous avons du faire 7 heures de route en partant du Kansas pour se rapprocher de la situation du jour…

Partis de l'est du Kansas, nous traversons ensuite tout l'Oklahoma dans le sens de la largeur et poursuivons vers le nord-est du Texas. A cette occasion, nous traversons la ville de Paris. Pas grand chose à voir ceci dit avec notre capitale. Passé ce cap, une première supercellule apparait assez loin de nous, mais nous nous en rapprochons.

Nous arrivons à sa rencontre. Situés en hauteur sur un pont, le point de vue nous permet de profiter de son approche. Des rotations se produisent en son sein, mais la tornade refuse de se former.

Une seconde supercellule se forme plus au sud, assez rapprochée de la première. On fonce dessus.

A nouveau des abaissements nuageux et des rotations. Pas de tornade non plus à première vue. Il y aura pourtant eu un report de tornade alors qu'on était assez proches. Peut-être une non-condensée. La foudre s'abat devant nous, donc un impact proche immortalisé par Jordan. Je venais de couper ma caméra une seconde avant ! Grrrr !!!! Ce coup de foudre mettra le feu à 300-400 mètres de nous.

L'orage s'éloigne. Une troisième supercellule plus au sud donne une tornade. On fonce dessus, mais devons nous arrêter faire de l'essence, étant sur la réserve. On perd alors quelques précieuses minutes... 

On se rapproche tant bien que mal de la cellule et de la tornade. Le contexte local, très boisé, rend leur vision difficile. On parvient à voir la tornade de Canton depuis une petite clairière, partiellement cachée par les arbres ! Jordan parvient à immortaliser ce moment.

Un drone a filmé la tornade de Canton :

On poursuivra ensuite vers l'orage, invisible à nos yeux, toujours à cause de cette fichue forêt ! A la prochaine clairière, la tornade est terminée, remontée au sein du cumulonimbus.

La chasse est terminée ! Un front orageux suit ces trois cellules, donnant beaucoup d'eau, de la foudre et quelques rotations. Nous avons de la route à faire pour gagner l'ouest du Texas, quasiment un "Strasbourg-Brest". Pas le temps de traîner donc, on roule, on passe Dallas et son univers impitoyable avant de nous poser à Eastland pour nous reposer. Jeudi se passera dans les hautes plaines de l'ouest texan.

Pour terminer, comme d'hab, voici quelques photos de notre photographe et poète JJK, amoureux de la nature :

Tornado Alley, mardi 28 mai : face au monstre

La journée ne s'annonçait pas terrible. Surtout avec deux situations totalement différentes entre ouest et est-Kansas : violents orages pluvieux à tornadiques dans l'est, cellules orageuses isolées esthétiques à l'ouest…

Après la courte nuit passée à Hays, direction le nord-est du Kansas pour le "moderate" prévu par le SPC, annonçant des supercellules donnant des orages très violents, de la grosse grêle et quelques tornades. Même si, selon les modèles, ces orages s'annoncent très flotteux. Arrivés à Alma, doute et hésitation. On se poste en plein cambrousse, sous un pont habité par de nombreuses hirondelles, les nids collés les uns aux autres tels un HLM de volatiles.

Hésitation entre poursuivre plus à l'est, ou retourner vers nos pas, en direction de l'ouest pour tenter de choper la cellule isolée, esthétique, susceptible de donner une tornade. Le doute dure un long moment. Et finalement trop longtemps pour retourner vers l'ouest. Tant pis ! Pour aujourd'hui, on fera les orages pluvieux.

On se dirige donc vers Kansas City sous un ciel bas et lourd, lâchant quelques gouttes ou un peu de bruine par moments. Une météo normande plus qu'étasunienne. Le moral est parfois bas. Seul Bruno fait bande à part, affichant une belle confiance.

Malgré la crasse nuageuse et humide, la convection prend. Des puissants cumulonimbus se développent pour remplacer les tristes stratus tenaces depuis le matin.

Tout s'emballe très vite ! Un orage explose littéralement et tourne en supercellule. Il passe vite en sévère et même en tornado warning. Nous le ciblons bien évidemment et le rattrapons assez vite. Les radars Dopplers indiquent un fort crochet, d'importants cisaillement et une vélocité en hausse très rapide. Une tornade est en train de se former, c'est sûr !

Arrivés en bordure de l'orage, nous tombons sur un vaste rideau blanc en rotation. La tornade ! Très large, entourée de pluie et grêle qui s'enroulent autour du tourbillon ! Le cône est difficile à distinguer dans ce tumulte céleste ! Mais pas de doute, le tourbillon répand sa furie !

Tous nos téléphones s'affolent, nous envoyant des messages d'alertes "tornades". Les sirènes des villes traversées hurlent. La pluie et la grêle s'abattent sur la voiture telles des vagues. Quelle ambiance de fou !

On suit la tornade "au cul" comme on dit. On la suit d'assez près, pas de trop près par sécurité, pas de trop loin pour ne pas la perdre du vue. On constate, juste après son passage, les dégâts : maisons éventrées, poids-lourds renversés, poteaux et lignes électriques à terre, panneaux vrillés, arbres déracinés ou cassés... En bifurquant sur une route secondaire pour poursuivre la chasse, un arbre est tombé et nous barre le passage. Demi-tour !

La tornade poursuit son chemin. Frappant plusieurs petites villes à l'ouest de Kansas City, le "tornado warning" passe en noir ! Toutes les sirènes hurlent, les rues se vident, les magasins ferment en catastrophe, la plupart des automobilistes stoppent sur la bande d'arrêt d'urgence. Mais nous continuons la chasse. Peu de chasseurs nous accompagnent au plus près du tourbillon. On rattrape à nouveau la tornade, il fait quasiment nuit en plein jour.

Et une fois de plus, on croise la route de Reed Timmer et son célèbre Dominator. Salut Reed !

On la rejoint quasiment après lui être passé devant. Le monstre gris particulièrement large se situe au sud-ouest de notre position. Pas très bon ! Il faut bouger !

Plus elle se rapproche, plus elle prend un aspect blanchâtre. A environ 1 km de nous ou un peu plus, les vents tourbillonnant sévissent violemment.

Elle nous passe devant et traverse d'Interstate. Une fois de l'autre côté, on voit clairement un power flash, nous indiquant qu'elle vient d'abattre des lignes électriques. Pas si loin devant, quelques centaines de mètres seulement !

Des débris volent autour de nous, sans toucher le véhicule. Le vent périphérique souffle très fort, la pluie redouble d'intensité après son passage. C'est de la folie ! Grosse ambiance, mais même pas le temps d'avoir peur. L'adrénaline du moment a annihilé la peur.

Les secours sont sur les dents : pompiers, police, shérifs, services d'urgence, d'électricité... Nous avons d'ailleurs doublé un shérif après un bel excès de vitesse. Etant donné l'alerte, nous identifiant grâce à notre gyrophare orange et notre matériel informatique, il nous laisse passer sans broncher.

La tornade a surtout frappé Lawrence et Linwood où les dégâts sont probablement très importants. On a voulu jeter un oeil, mais impossible. Shérifs et police de ces comtés barrent les routes.

Mais les dégâts sont déjà visibles en périphérie du passage de la tornade, avec des arbres et poteaux électriques à terre, des maisons ayant perdu leur toit.

La tornade est pour l'instant classée F4 ou EF4, sur une échelle qui contient six niveaux, de F0 à F5, soit 275 à 300 km/h, parcourant une cinquantaine de kilomètres, faisant 1,6 km de large. Elle n'aura pas fait de victime, mais 15 blessés. Les photos aériennes prises après le passage de la tornade par drone ou hélicoptère nous laisse sans voix...

A noter que le célèbre Roger Hill, organisant des "Tornados tours", s'est retrouvé confronté à un vortex secondaire à 3 km de la tornade, retournant ses deux véhicules et ses clients ! Quelques blessures seulement, quelle chance !

C'est là qu'on se rend compte de notre chance. Et des risques rencontrés. Malgré notre relative proximité avec la tornade, nous sommes restés en sécurité. Bruno, en conducteur hors-pair, a une fois de plus assuré malgré les rafales, les routes partiellement inondées. Jordan a aussi assuré, comme d'hab, pour nous guider en toute sécurité, surveillant continuellement les radars et l'état des routes. Une chasse exceptionnelle dont on se souviendra très longtemps !

Photos de Jean-Jacques Kelner :

Tornado Alley, lundi 27 mai : chasse incroyable !

Entre Colorado et Nebraska, notre chasse du jour aura duré 9 heures, dès 13 heures jusqu'à 23 heures. Et quelle chasse ! Le ciel nous a offert des images et phénomènes en tous genres tout au long de la journée…

Nous quittons Burlington dès le milieu de la matinée pour nous placer vers Sterling, dans le Colorado. Et finalement un peu plus au sud-ouest où les premières cellules se forment dès la mi-journée.

Nous suivons une première cellule du côté de Fort Morgan. Un nuage mur se forme, offrant des abaissements assez importants et des rotations. Mais pas de tornade pour le moment.

Le vent souffle parfois très fort, soulevant d'importantes quantités de poussière à l'avant de l'orage.

Une petite tornade corde se forme brièvement devant nous, filant à tout allure à travers champs. Première de la journée.

La chasse se poursuit sur une première supercellule puis une deuxième. L'ambiance est superbe, avec des nuages tournoyants dans tous les sens, signes de cisaillements de vents très importants. On attend l'éventuelle deuxième tornade. Des rideaux de grêle se dessinent au sein des cumulonimbus. Mais la foudre reste discrète. 

La deuxième supercellule est à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de la première qui se déstructure quelque peu. Cette seconde semble en revanche gagner en intensité et en vélocité, profitant de forts cisaillements de vent. Peut-être l'occasion de voir une deuxième tornade pour cette journée.

Comme la première, cette seconde supercellule "soulève" fortement à l'avant, c'est-à-dire que le vent violent arrache la poussière du sol qui vole. Une brève tornade non-condensée s'est brièvement produite, enregistrée officiellement par le SPC (NOAA).

Situés du mauvais côté de l'orage, dans sa partie ouest, nous sommes obligés de la traverser, ainsi que ses rideaux blancs de grêle. Les radars enregistrent des grêlons de 2 pouces et un peu plus, soit 5 à 7 cm de diamètre.

Effectivement, le paysage est blanchi par une couche de grêle dans une atmosphère brumeuse bien étrange, presque fantomatique !

On finit par traverser le coeur de l'orage. Des grêlons de plus en plus gros martèlent littéralement la voiture. D'un diamètre moyen de 2 à 5 cm, quelques spécimens de 6 à 7 cm tombent bruyamment sur la carrosserie. Un de ces grêlons aura raison du support GoPro de Bruno qui disparaît sous nos yeux. Bruno a le réflexe de vouloir la rattraper... sans succès, elle vole à l'extérieur évidemment. ;-)

On croise un radar Doppler à la sortie de l'orage. L'occasion de sortir et de voir que la grêle a marqué la voiture de ses coups. Le pare-brise n'a pas souffert. Il n'en est pas de même de la carrosserie qui comporte des impacts bien visibles ! Heureusement qu'on a pris l'assurance maximale ! 

L'orage supercellulaire continue de se renforcer. Il nous offre alors un spectacle incroyable lorsque l'on s'en éloigne de quelques kilomètres, avec une structure particulièrement esthétique qui nous laisse sans voix ! Une merveille de la nature, telle une pile d'assiettes ou une pièce-montée nuageuse, zébrant le ciel de nombreux éclaircies. Un spectacle incroyable !

La nuit tombe. Les supercellules se rapprochent les unes et des autres, nous offrant un feu d'artifice d'éclairs et quelques coups de foudre que nos photographes Jordan et Jean-Jacques immortalisent de par leur talent. Un beau son et lumière naturel ! Nous quittons les lieux assez tard pour nous diriger vers l'est pour arriver à Hays, dans le Kansas, à 2 heures du matin. La nuit sera courte !

Photos de Jean-Jacques Kelner

Tornado Alley, dimanche 26 mai : quelle ambiance !

Nous quittons Garden City pour le secteur de Lamar, dans le Colorado, où des supercellules sont attendues dans la journée, susceptibles de provoquer une ou plusieurs tornades dans la journée…

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On fait d’abord le plein pour être tranquilles un moment sur la route. Et oh ! Une connaissance : Reed Timmer, encore lui, et son inséparable Dominator, présents également pour faire de l’essence et pour manger un morceau. On chasse quasiment en binôme, décidément ! 

Direction le secteur de Lamar donc, où la situation météo est déjà explosive, avec des forts cisaillements de vent visibles par la forme des nuages, marqués de nombreuses stries horizontales. Dès le tout début d’après-midi, à peine 13 heures, des orages se développent au sud de la ville, passant même en « severe » sur le GR Level. A peine avaler un hot dog, la chasse commence ! 

Plusieurs cellules grossissent rapidement. Difficile de choisir… On vise au sud. L’orage deviendra très vite supercellule, nous offrant de belles rotations et un tuba. La tornade cherche visiblement à se former, mais n’y parvient pas tout à fait. Et le Dominator repasse par là. Encore !

On prend l’option de le suivre. Arrivés à un carrefour, s’attendant à ce qu’il prenne vers la gauche en direction de Lamar, il nous surprend, partant finalement en direction du nord. Un instant de doute, mais on continue de le suivre. On n’aurait pas du ! Au bout de quelques kilomètres, Reed fait demi-tour. Le temps de redescendre, une autre cellule donne une courte tornade que nous ne pouvons pas intercepter, le Dominator non plus bien sûr, trop loin du tourbillon. Dommage !

Mais les orages qui éclatent au sud restent prometteurs. On ne s’éloigne pas trop et faisons notre propre parcours, Jordan surveillant les radars et les routes, Bruno au volant comme toujours en chasse. Et nous sommes assistés à distance par Vincent Deligny, depuis la France, qui nous guide parfaitement malgré l’heure tardive.

La supercellule que nous suivons longtemps aura des hauts et des bas. Sur les conseils de Vincent, et comme de très très nombreux chasseurs, nous fonçons dans le tas, au coeur même du mésocyclone. La chasse prend alors une toute autre dimension, la chasse pure et dure, entourés de (trop) nombreux chasseurs, une fois de plus du Dominator et de Reed, de plusieurs radars Dopplers, d’équipes de la NOAA et sous un ciel plus que menaçant, mais suffisamment troué pour laisser passer une éclaircie. Frappant la pluie battante et sur un sol brumeux suite à une chute de grêle, un énorme arc-en-ciel rasant les brins d’herbe nous illumine la chasse. Cela parait surnaturel ! Les rideaux de pluie et de grêle, poussés par un fort vent latéral, offre un beau spectacle également. Et pourtant, toujours pas de tornade !

La seule et unique route nous éloigne ensuite du coeur de l’orage. Le surveillant d’un peu plus loin, il ne lâche que de rares coups de foudre, se déstructure, puis se restructure… Compliqué ! Tantôt mourant en formant un front de rafale, il repasse en super cellule… et ainsi de suite. On refait le plein sous une pluie battante, Bruno et moi sommes trempés en 3 minutes et on a froid. On suit encore un peu l’orage, mais l’espoir de voir une tornade diminue rapidement.

Pas de coup de théâtre cette fois-ci, contrairement à la tornade wedge surprise trois jours plus tôt. La chasse est finie. On se replace à un à l’est pour dormir à Burlington, toujours dans le Colorado. Pas trop de kilomètres à faire et un temps de sommeil optimisé du coup pour la suite de l’aventure. Sur la route, on roulera alors sous un magnifique front de rafales, vraiment impressionnant. Un moral en demi-teinte dans l’équipe après cette journée. Mais même sans tornade, la chasse fut vraiment belle.

Les photos du jour de Jean-Jacques Kelner :

Tornado Alley, samedi 25 mai : nothing chasers (ou presque)

Nous avons traversé quatre états en quelques heures ce samedi. Partant d’Amarillo dans le nord-ouest du Texas, nous sommes passés par le petit bout occidental de l’Oklahoma, puis le sud-ouest du Kansas ainsi qu’un bref passage dans le Colorado…

La situation météo promettait quelques beaux phénomènes à 3 heures d’Amarillo en direction du nord à nord-ouest. Nous avons donc repris la route dans cette direction. Car si des orages éclataient plus au sud, ils étaient très peu esthétiques, noyés dans une crasse nuageuse et pluvieuse. Même si une tornade se développait sur ce secteur, il y avait très peu de chance de l’observer.

Nous choisissons donc l’option des orages éclatant plus isolément vers le Kansas et le Colorado. Des cellules commençaient à se développer, nous emmenant d’abord dans l’extrême sud-est du Colorado. Mais pour tenter de l’intercepter, on a pris ensuite la direction du sud-ouest Kansas. Une belle cellule d’ailleurs, sans réelle rotation, mais plutôt bien formée. En route, on roule sous des superbes mammatus.

La rattrapant assez rapidement, juste en face de nous, la cellule orageuse nous a offert une rotation pour évoluer en tornade. Malheureusement, ça n’a pas pris. Comme de nombreux chasseurs venus observer le phénomène, on a assisté à la mort rapide de l’orage, en quelques minutes seulement. Un orage très peu électrique, mais qui aura donner quelques tubas.

L’arrivée d’air plus stable a ensuite totalement annihilé le risque d’orage dans la région. La chasse s’est terminée tôt ! Mais nous étions déjà plutôt bien placés pour la situation du lendemain. Arrêté au milieu des champs ressemblants à la Beauce, on décide de rejoindre Garden City pour y dormir. 

L’hôtel avec piscine permet de nous délasser. Pour l’anecdote, un groupe de quatre mecs dans une « Landry », c’est pas très malin : on a mis notre linge à laver… dans le sèche-linge ! :-D Bon ben on recommence ! :-D Allez, au dodo, en attendant une situation sans doute plus intéressante pour le lendemain. 

Ce dimanche matin, on apprend que la ville d’El Reno, en Oklahoma près d'Oklahoma City, a été partiellement ravagée par une tornade F3, deuxième cas en 6 ans seulement sur cette commune, après celle du 31 mai 2013 qui avait fait de nombreuses victimes, dont le célèbre chasseur de tornades Tim Samaras et son équipe. Un hôtel a perdu son toit et son troisième étage, les dégâts sont très importants et deux personnes ont malheureusement perdu la vie… Le style d'hôtel où l'on dort chaque soir. Ca fait froid dans le dos !

 Photo d'un petit tuba de JJK :

Tornado Alley, vendredi 24 mai : floods chasers

Réveil à Shamrock sous la grisaille et même un peu de pluie. Après le petit déj direction Lubbock, toujours dans le Texas, où les cellules orageuses promettent d’être virulentes…

Ce sera le cas ! Pas forcément dans le sens que l’on aurait voulu. Si quelques rotations apparaissent ça et là en début d’après-midi, elles ne dégénéreront pas en tornades.

Dans le courant de l’après-midi, les cellules orageuses grossissent rapidement. Peu actives en foudre, elles sont en revanche très en forme côté précipitations, se transformant vite en HP. La grêle s’en mêle évidemment. Si nous parvenons à peu près à épargner le véhicule, des reports indiquent des grêlons atteignant jusqu’à 3 inches (environ 7,5 cm) de diamètre. Il vaut mieux rester à l’écart !

Les orages se reforment sur place et arrosent très copieusement le même secteur, orages diluviens ressemblant aux épisodes méditerranéens. Avec des conséquences équivalentes : malgré la platitude du paysage, les champs se remplissent rapidement d’eau. Le surplus finit par se déverser sur les routes.

Sur l’une de ces routes, le hasard veut que trois voitures de chasseurs français : celle de Yannick et Guillaume, que nous avons déjà croisés plusieurs fois, l’équipe d’Axel Guibourg et la nôtre. Nous retrouverons d’ailleurs un peu plus loin Guillaume et ses acolytes.

Un shérif est présent aussi. Bruno en profite pour échanger quelques mots avec son collègue américain. Le sujet : la météo ! Etrange ! :-D

Les passages fortement pluvieux et parfois grêleux continueront de se succéder ensuite, créant des inondations de plus en plus importantes. A telle point que nous avons du faire demi-tour, comme de nombreuses personnes, alors que le déversement de l’eau des champs vers la route crée un petit torrent de boue, décourageant les automobilistes.

Il est tombé 65 mm de pluie en quelques heures à Lubbock, mais souvent 100 à 175 mm au nord et à l'est du comté. En 5-6 heures environ, on comprend pourquoi les inondations ont pris une telle ampleur !

La chasse est terminée tôt. Direction Amarillo pour se placer et pour diner dans le plus célèbre resto de viande des Etats-Unis, le Big Texan. Nous dinerons d’ailleurs avec les deux autres équipes françaises croisées sur la route quelques heures plus tôt.

La panse (très) bien remplie, nous regagnons l’hôtel pour recharger nos batteries en vue d’un samedi une fois de plus très orageux, pouvant peut-être nous offrir une nouvelle tornade.

Photos de Jean-Jacques Kelner :

Tornado Alley,  Jeudi 23 mai : le graal

Après une courte nuit à Enid, nous prenons assez rapidement la route pour nous placer dans le panhandle du nord-ouest texan, dans le secteur de Pampa. Arrivés tôt, on a pu se rassasier dans un resto italien typique. Ca change des burgers ! Après cela, direction le sud vers Amarillo pour la suite des événements…

Les premières cellules orageuses naissent entre Amarillo et la frontière Texas-Oklahoma. Quelques dust devils et gustnadoes se développent assez vite sous la ligne de convergence. Rien de bien méchant, mais déjà des petits signes de rotation.

Plus prometteuses vers le nord, nous repartons vers le nord pour chercher la cellule pouvant donner la tornade. Pas bien loin de Canadian, ville où nous avions intercepté une tornade 4 ans plus tôt. 

De très nombreux chasseurs ont eu la même idée. Pas d’embouteillages, mais une route tout de même chargée. L’orage dégénère rapidement en supercellule et présente plusieurs rotations. Mais pas de tornade. C’est sous un ciel très sombre que nous croisons à nouveau Reed Timer et son Dominator. Décidément ! On se suit !

Le temps passe, les supercellules forment plus ou moins une ligne, tout en restant assez indépendantes les unes des autres. Avec de la très grosse grêle par moments, jusqu'à 9 cm de diamètre ! Une situation qui nous parait de moins en moins propice à la formation de tornade. Moins de rotations, plus de crochets sur les radars malgré quelques tentatives… Des chasseurs un peu perdus, ne sachant plus trop sur quelle cellule se déplacer. Jordan déprime, Bruno se console tant bien que mal en regardant le matériel du chasseur australien Daniel Shaw, Jean-Jacques prend les oiseaux et les fleurs en photo, et moi, je n’y crois plus pour ce soir-là.

Quant tout à coup, la chance tourne en quelques petites minutes seulement. Alors que l’alerte tornade n’est plus en cours sur le comté, deux reports de tornades apparaissent… à quelques centaines de mètres de nous ! On remonte en catastrophe dans la voiture pour se diriger vers le tourbillon.

Et là… LA VOILA ! Une grosse « wedge tornado » ou tornade large en français. Pas très esthétique comme toutes les tornades de ce type, souvent entourées de pluie voire noyées sous les fortes précipitations.

Mais… On se rapproche presque trop ! La tornade se situe dans un champ à environ 800 mètres… 700… 600… Le vent se renforce brutalement, nous sommes dans le sillage de la tornade ! Il ne faut pas traîner, et on traîne encore trop au goût d’un chauffeur d’un poids-lourd qui nous klaxonne avec virulence pour échapper au monstre. La tornade siffle furieusement juste derrière nous, un son que je connaissais pas. C’est un peu la panique à bord de la voiture, Bruno fonce et on sort rapidement du sillage. Une ambiance de fou avec les messages d’alerte qui se succèdent sur nos téléphones.

La tornade traverse la route derrière nous. Le vent tourne en sens opposé. Le tourbillon gagne les champs de l’autre côté de la route. On peut la prendre en chasse !

On s’en rapproche de nouveau à seulement quelques petites centaines de mètres, alors qu’elle s’éloigne, nous permettant de profiter de son spectacle durant de longues minutes. Notre bande des quatre en profite pour photographier et filmer la tornade.

Elle s’éloigne, on remonte dans la voiture en moins de deux pour la suivre. Bien qu’assez loin de nous, un débris, un bout de tôle, tombe à quelques dizaines de mètres de nous. Mais pas de risque, nous sommes dans le véhicule. 

On continue sur une petite route goudronnée et tombons nez à nez avec un vortex secondaire qui traverse la route à 30 ou 40 mères devant nous ! Notre chauffeur de compète Bruno pile devant le petit tourbillon chargé de débris légers. On l’évite de peu. Nouvelle montée d’adrénaline ! Trop véloce, on n’a pas pu l’immortaliser. Ma caméra tournait, mais pas vers la route malheureusement.

Au final, la tornade n’aura pas fait trop de dégâts, frôlant les petites villes d'Ochiltree et Lipscomb, qui en échappent de justesse. Un silo retourné tout de même, des poteaux et lignes électriques à terre.

Une seconde tornade se forme… quasiment au même endroit que la première ! Et suivant le même chemin ! Mais la nuit tombe et il pleut de plus en plus. Des conditions qui deviennent difficile pour la distinguer, et du coup dangereuses ! On tente de s’en rapprocher tout de même, avec prudence. On ne la verra pas dans sa totalité, mais sa fin sous forme d’un joli cône à la base du cumulonimbus.

Une grosse journée. La meilleure de mes 3 saisons de chasse ! Et quelle première pour Jordan en cette saison 2019 ! Notre bande des quatre est heureuse. Malgré des conditions difficiles, nous avons eu « notre tornade ». Et il reste 9 jours sur place pour tenter d’intercepter d’autres phénomènes, dont 5 encore très instables, orageux et potentiellement tornadiques. Un dodo à Shamrock, Texas, et ça repart ! 

Photos de Jean-Jacques Kellner : 

Tornado Alley, mercredi 22 mai : sportif !

Arrivés assez tôt aux environs de Tulsa en Oklahoma pour la situ météo du jour, la situation géographique n’était pas évidente à gérer, entre inondations et donc des routes coupées, bouchons dans les villes et des zones montagneuses et boisées, compliquant la chasse. Mais d’assez beaux résultats malgré tout…

Tournant dans le nord-est de l'Oklahoma et brièvement dans le sud-est du Kansas, nous sommes tout d'abord descendu au sud de Tulsa, gagnant le comté d'Okulgee, nous permettant d'intercepter une ou deux brèves tornades, mais d'assez loin. D'autres chasseurs placés plus près, y compris le professionnel Roger Hill, ont confirmé l'impact de ces tornades au sol, levant notre doute.

Pompiers, shérifs, polices et services d'urgence se sont préventivement placés à l'avant de la tornade, prêts à foncer secourir et aider d'éventuelles victimes à venir. La ville de Coweta nous a d'ailleurs été interdite d'accès par la police, bloquant les routes alors que la ville était sous la menace d'une tornade. Nous avons donc du bifurquer vers l'est pour essayer de repasser devant l'orage. Chose compliquée ! La circulation du coup était assez dense, des inondations bloquaient certains axes, les reliefs et les bois réduisaient nettement la visibilité du ciel. Nous avons notamment du traverser la partie inondée d'une route. Bruno, au volant à ce moment-là, à assurer en roulant à une vitesse suffisamment élevée pour nous éviter de rester bloqués !

A défaut d'une nouvelle tornade, la supercellule s'est mise à bombarder le secteur d'impacts de foudre très rapprochés. Un spectacle de toute beauté pour nos yeux, et notamment pour nos photographes Jordan et Jean-Jacques. 

Après la chasse, assez tard déjà dans la soirée, nous nous sommes arrêtés à Salina, Oklahoma. Et nous sommes tombés une nouvelle fois sur Reed Timmer et son Dominator ! Le monde des chasseurs est bien petit !

Au final, 34 reports de tornades auront été comptabilisés pour cette journée. Donc une tornade dévastatrice et meurtrière malheureusement dans le Missouri, tornade nocturne qui plus est.

Nous avons repris la route assez tard pour partir plus à l'ouest, dans l'idée de gagner le Panhandle pour ce jeudi, où la situation s'annonce plutôt prometteuse. Et dans un contexte géographique plus aisé pour la chasse, à savoir des grandes plaines et des routes "en carré". Nous avons tout de même fait un petit détour vers une autre cellule orageuse très violente, donnant une tornade et des grêlons de près de 8 cm de diamètre. En dehors de la foudre, nous sommes restés assez à l'écart étant donné la taille de la grêle et le danger que représente une tornade nocturne, par définition moins visible qu'une diurne. Nous sommes arrivés à Enid à 2 heures du matin pour dormir quelques heures et recharger les batteries un minimum. La suite s'annonce encore palpitante !

Les photos de Jean-Jacques Kelner :

Tornado Alley, mardi 21 mai : placement

Encore dans le nord du Texas le matin, nous avons du prendre la route pour le Kansas assez tôt pour nous placer pour le lendemain. Arrivés sur cet état, une petite chasse de dernière minute s'est improvisée...

L'imprévu fait partie de l'aventure. Levés assez tôt après une nuit passée à Quanah dans le nord du Texas, nous avons décidé de partir pour le Kansas dans l'idée de se placer pour la situation météo de mercredi, assez prometteuse concernant les orages bien sûr, mais aussi un risque de tornades non négligeable. Une longue route de 7 heures environ.

Ce qui n'était pas trop prévu, ce sont ces supercellules qui se sont développées dans l'après-midi sur le nord-est du Kansas, alors que nous étions sur la route. Nous nous rapprochions certes, mais étions encore assez éloignées. Nous avons tout de même tenter de nous en approcher tant bien que mal. Mais avec des cellules circulant à 85 km/h, emportées par un jet encore puissant, notre vitesse de 130 km/h sur l'interstate ne nous a pas permis de rejoindre les cellules les plus au nord, qui ont formé plusieurs tornades ! Assez peu de chasseurs d'ailleurs sur le secteur, la réalité ayant déjouer la prévision. A tel point que cette journée à risque assez faible a finalement été beaucoup plus active que la veille censée être un outbreak, avec près de 40 reports de tornades ! Sur la route, sans être embêtés sur les interstates, nous sommes passés à travers d'importantes inondations dues aux violents orages répétitifs de ces derniers jours.

Lors d'un arrêt à la pompe, un local est venu m'interpeler, voyant notre véhicule équipé, m'indiquant qu'il avait été bombardé de gros grêlons à Salina. Et en effet, sa voiture en portait les stigmates avec des impacts bien visibles sur sa carrosserie.

La petite chasse improvisée a tourné court : l'air froid l'a emporté pour cette soirée, l'instabilité a donc chuté. Nous nous sommes posés à Wichita, et nous sommes retrouvés dans le même hôtel que Yann, Guillaume et Bibix. Un steak house nous a permis de passer une bonne soirée autour d'un bon morceau de boeuf et d'une bière. A l'américaine ! 

Photo : Jean-Jacques Kelner

Le SPC et les modèles sont plutôt bons pour ces quatre prochains jours entre le Kansas, l'Oklahoma et le panhandle. A priori pas trop de kilomètres à faire pour se retrouver sur des bonnes situations, peu de kilomètres... à l'échelle des Etats-Unis, hein !? ;-)

Photo : Jean-Jacques Kelner

Côté prévisions, ces 4 prochains jours s'annoncent intéressants, et dans une zone relativement réduite.

La prévision reste compliquée et délicate. Si les grandes lignes indiquent toujours un potentiel instable, donc orageux et potentiellement tornadique, il faut constamment se recaler sur les tous derniers modèles pour se placer au mieux. Suite au prochain épisode ! :-)

Tornado Alley, lundi 20 mai : Flop outbreakien

Les modèles météo, les médias, les météorologues américains, SPC en premier, redoutaient une journée de lundi catastrophique, dangereuse, potentiellement très difficile sur les grandes plaines en raison d’un outbreak, c’es-à-dire explosion de tornades. La réalité a été bien différente...

Petit retour sur la journée de dimanche tout d’abord : la journée étant calme au niveau météo, le risque d’orages et tornades se situant trop loin de nous à l’est, nous avons pris quelques instants de repos et pris la route pour nous placer à Childress, dans le nord du Texas. Nous sommes passés par un lieu qui nous a laissé de bons souvenirs : Canadian, où nous avions vu une superbe tornade fin mai 2015.

La matinée s’est déroulée sous la grisaille et un vent de sud soutenu et chaud, occasionnant une première cumulification peu avant midi. Une forte sensation de lourdeur régnait à Childress où nous étions installés depuis la veille pour la situation, prévue « explosive » sur le secteur. L’occasion de revoir Yann et Guillaume qui ont dormi dans l’hôtel à côté du nôtre.

Première petite déconvenue : internet, fourni par AT&T, nous lâche juste avant la formation des premiers orages ! Panique à bord, on se rend dans un de leurs magasins, mais le vendeur, pas très professionnel, ne trouve pas le moyen de nous aider. Nous nous rabattons chez la concurrence, Verizon, où l’accueil est plus chaleureux. Par chance et avec du nez, Bruno avait apporté le modem que nous utilisions les années précédentes. On a ainsi pu prendre un abonnement en illimité et l’accès à internet assez rapidement.

En se dirigeant un peu plus au sud en début d’après-midi, les premières supercellules ont vu le jour. Plutôt bien situés, nous avons pu intercepter notre première tornade à Paducah dans le nord du Texas, même si elle fut assez faible, fine et de courte durée. Les dégâts sont restés très limités, le phénomène étant resté en pleine campagne. Pour se rapprocher du tourbillon, nous avons du traverser un rideau de grêle. Peu de grêlons, mais bien gros et lourds, jusqu’à 5 cm de diamètre. La voiture américaine n’a pas souffert pour autant, la majorité des glaçons célestes tournant plutôt autour de 3 cm.

Les cellules orageuses les plus prometteuses remontaient rapidement vers le nord-nord-est, emportées par un puissant courant jet. Nous nous remettons très vite en route pour tenter de voir notre seconde tornade.

Roulant à l’arrière d’un de ces orages, nous empruntons une route secondaire et nous rapprochons à 5 km de l’orage qui dépose une tornade au sol à Mangum, dans le sud de l’Oklahoma. Mais la malchance nous poursuit : cette route se termine par une « dirt road », route de terre transformée en boue par les pluies orageuses. Impossible de s’engager sur ce chemin au risque de s’embourber et de rester coincé au coeur des intempéries. Nous avons du faire demi-tour, comme les nombreux chasseurs nous précédant et nous suivant. Une énorme perte de temps de 45 minutes qui nous a fait loupé la tornade ! Dommage que ce changement d’état de la route ne soit pas indiqué !

Ensuite, cela deviendra de plus en plus compliqué de chasser. Les cellules orageuses s’étalent, les chutes de pluie et de grêle prennent des proportions très importantes et il manque visiblement quelques ingrédients pour que la mayonnaise prenne vraiment. Malgré des rotations observées, aucune ne donnera de tornade dans notre secteur. Quelques cas beaucoup plus au sud et plus tard dans la soirée seulement, mais une fois la nuit tombée. Trop dur et dangereux à chasser malheureusement.

En fin d’après-midi, entre 17 et 18h, nous sommes pris dans un orage qui fait subitement tomber la nuit sur le nord-Texas avec 3 à 4 heures d'avance ! Cette sous cette noirceur digne d’un film d’horreur que nous passons là où la tornade que nous avons loupée a circulé. Des dégâts sont visibles, avec des lignes électriques tombées, une maison endommagée et des arbres cassés. Mais heureusement, pas de victimes.


Photo : Jean-Jacques Kelner

La soirée se déroulera ensuite sous une énorme cellule HP, orage supercelullaire donnant des pluies diluviennes (HP pour High Precipitations) qui noie le secteur sous des trombes d’eau mêlées de grêle. Le cumulonimbus va aussi nous bombarder d’impacts de foudre positifs, offrant un son et lumière plus que détonnant ! Malgré plusieurs rotations, la tornade ne se formera pas. Reed Timmer, que nous croisons à nouveau à bord de son Dominator, n’auraa intercepté qu’une tornade dans la journée, comme nous, à Mangum.

Une certaine déception pour cette journée qui s’annonçait énorme et qui n’a comptabilisé finalement que 25 reports de tornades à travers l’ensemble des Etats-Unis, principalement dans la Tornade Alley.

Mais aussi un soulagement. Les prévisions faisaient craindre des catastrophes, matérielles et humaines. Fort heureusement, nous n’avons pas eu à affronter ce type d’images. Nous avons donc pris les choses avec philosophie et pris du recul sur les événements. La célèbre chasseur de tornades Reed Timmer le dit lui-même : « I am very happy this setup busted ». Demain sera un autre jour.

Côté prévisions justement, nous nous déplaçons désormais vers le Kansas où le potentiel sera intéressant ces trois prochains jours, entre ce mardi et jeudi. Orages supercellulaires et risque de tornades, sans doute dans des cellules plus isolées et donc plus esthétiques. Le SPC est plutôt en accord avec les principaux modèles, GFS et CEP notamment.

Tornado Alley, dimanche 19 mai

Toujours aussi peu de repos lorsque nous sommes arrivés à l'hôtel samedi soir. Et ce après une bien belle journée, remplie d'action, de rencontres et d'ambiances aux couleurs parfois surnaturelles...

Les orages ont éclaté dès le matin samedi, orages peu esthétiques, très flotteux et quelque peu grêleux. Pas de quoi vraiment s'extasier, juste profiter d'une petite ambiance orageuse.

Photo : Jean-Jacques Kelner

En repartant vers l'ouest de l'Oklahoma à Woodward dans l'après-midi, les rencontres se sont succédé, tout d'abord avec une équipe de météorologues de NOAA. Notre discussion s'est vite tournée vers la situation météo de lundi, potentiellement très violente avec des fortes tornades attendues, mais aussi des vents violents en dehors des tornades et des chutes de grêle très marquées. Une situation prévue "dangereuse", recommandant la plus grande prudence. Nous le serons, prudents !


Rencontres aussi sur une aire de parking de fast-food. Yannick Devesvre, Guillaume Hobam et le youtubeur Bibix notamment, déjà sur place aux US depuis une semaine, avec déjà quelques tornades "interceptées" à leur actif. Sur ce même parking, Roger Hill et son équipe sont également arrivés. L'occasion d'échanger durant quelques minutes sur le périple des uns et des autres et sur la météo.

Après un point sur la situation météo sur les écrans et dans le ciel, tous les chasseurs ne sont mis en mouvement, remontant dans leurs véhicules pour aller dénicher les supercellules attendues dans la soirée, cellules ne devant toutefois pas donner de tornades selon les météorologues de NOAA rencontrés un peu plus tôt.

La supercellule ou du moins une des supercellules, on l'a trouvée ! Elle nous a offert un beau spectacle durant plusieurs heures, que ce soit dans sa structure, ses couleurs parfois proches du surnaturel, son ambiance orageuse particulière... Grêle et foudre ont été au rendez-vous.

La supercellule a donné plusieurs rotations et amorces de tornades, dont celle-ci, la plus marquée samedi soir. L'amorce était belle, mais les conditions n'étaient pas totalement réunies pour permettre à la tornade de se développer vraiment.

Au hasard de la recherche d'une station service, nous sommes tombés sur le Dominator de Reed Timmer, une voiture blindée fonçant sur toutes les grosses situations météo violentes, en particulier les orages et les tornades. Reed Timmer diffuse alors en direct ses impressions sur des chaînes de télé.

La soirée s'est terminée par un feu d'artifice d'éclairs sous un front de rafale énorme et particulièrement marqué. Un régal pour nos yeux... et nos oreilles !


Photo : Jean-Jacques Kelner


Photo : Jean-Jacques Kelner 

Tornado Alley, samedi 18 mai matin

Après un long périple dans les airs de Paris à Charlotte, puis de Charlotte à Denver, nous voici sur les routes étasuniennes interminables ce samedi après quelques courtes heures de sommeil haché. Belle situation orageuse ce samedi, du moins en début d'épisode, avant que celui-ci ne prenne des proportions de trop grande ampleur.

Après des semaines de fraîcheur française, Charlotte nous a accueilli sous une chaleur tropicale bien lourde, mais sous le soleil. A l'inverse de Denver qui sortait de l'orage sous une température digne des Ardennes, un petit 9 degrés nous frigorifiait pour monter le matériel informatique sur la voiture. Et après un petit repas de burgers (original), nous avons donc pris la route pour fuir la fraîcheur et retrouver des sensations plus estivales.

Des orages éclatent dès ce début de journée dans l'ouest du Texas alors que le soleil pointe à peine le bout de ses rayons. Ce sont eux qui devraient nous offrir quelques beaux phénomènes dans quelques heures, y compris un risque de tornades notable.

Les modèles, dont CEP, sont en effet prometteurs pour cette journée de samedi :

 

Un bref passage ce matin (il est 6h37 ici) en attendant des news ! ;-)

Tornado Alley, J-3 !!

Pris à droite et à gauche, j'ai carrément zappé les 20 ans de Lameteo.org dimanche dernier... Mais on reste dans la période, alors bon anniversaire à mon bébé web ! 20 ans, waouh, ça ne nous rajeunit pas ! Et pour fêter ses 20 ans, le ciel semble vouloir m'offrir, ainsi qu'à mes amis de chasse aux tornades, une période remarquable à exceptionnelle dès notre arrivée !

Mardi 14 mai 2019 : J-3

Nous sommes encore en France, affairés aux derniers préparatifs en vue de notre départ vendredi midi pour les grandes plaines étasuniennes. Appareils photos, Gopros, matériel informatique... Tout se met en place.

La météo aussi se met en place ! Calme jusqu'à jeudi sur les Etats-Unis avec tout au plus quelques orages marginaux et assez peu de phénomènes violents à attendre. Les hostilités vont démarrer vendredi. Nous serons alors en train de trépigner dans l'avion. Nous devrions d'ailleurs voler assez près des orages en début de soirée avant d'atterrir à Denver. Les prévisions nous ont d'ores et déjà décidé à prendre la route immédiatement après notre arrivée, direction l'Oklahoma.

La journée de samedi s'annonce déjà sportive, avec des orages violents, de la grêle, des tornades plus que probables. La dépression située près des Rocheuses occasionnera des remontées d'air chaud et humide depuis le Golfe du Mexique et une descente d'air froid à l'ouest des Rocheuses d'où des contrastes thermiques particulièrement importants, des indices d'instabilités très élevés, le tout situé en queue d'un courant jet sinueux puissant. Sans oublier des cisaillements de vents très importants. Des ingrédients qui pourraient nous permettre d'atteindre notre graal dès notre premier jour sur place.

 

Le nord du Texas et l'Oklahoma seraient alors en ligne de mire des éléments électriques et tornadiques.

Dimanche, cette situation devrait se décaler à l'est, vers le Missouri.

 

Chasse plus difficile dans un état beaucoup plus boisé, offrant ainsi autant d'arbres transformés en projectiles par les tornades. Pas évident et plus dangereux. L'extrême Est de l'Oklahoma serait peut-être plus judicieux. On verra d'ici là pour déterminer notre trajet et notre position.

D'autant que dès lundi, les phénomènes reviennent plus à l'ouest, dans leur zone de prédilection (et la nôtre !), notamment le Texas et l'Oklahoma.

 

Retour probable en plein centre de l'Oklahoma voire vers l'ouest de l'état.

Les journées de lundi, mardi et mercredi risquent d'être tout autant agitées, avec des orages à gogo, de la grêle et toujours une forte probabilité de tornades. La situation synoptique ne bougera pas beaucoup, expliquant cette durée remarquable concernant ces risques d'orages et tornades.

 
 
 

Difficile d'aller plus loin pour le moment. Les modèles d'ensembles indiqueraient toutefois la persistance de conditions favorables à l'instabilité orageuse potentiellement tornadique. A confirmer d'ici là bien sûr.

A noter que le SPC, Storm Prédiction Center, place d'ores et déjà les cinq journées de vendredi à mardi en "risque sévère" de violents orages, grosse grêle et tornades.

Et sur le terrain, les chasseurs expérimentés de longue date, tels que Reed Timmer, s'attendent à du très gros, voire du "historique" avec un véritable "tornado outbreak", c'est-à-dire une éruption de nombreuses tornades, parfois simultanées, sur plusieurs états. Il s'attend notamment à deux journées difficiles, lundi et mardi prochains, ponctuées d'intempéries très violentes. Il ose comparer l'événement à venir au "super outbreak" de fin avril 2011 qui avait donné jusqu'à 226 tornades en une journée, le 27, plus les 86 de la veille et les 50 de l'avant-veille.

Les chaînes de télé locales et nationales commencent déjà à avertir la population de cette période météorologique potentiellement très violente et dangereuse. Bref, on n'attend pas l'apocalypse, mais ça pourrait peut-être y ressembler pour des français peu habitués à de tels événements.

Une situation excitante, mais aussi inquiétante pour nous autres, petits français lancés sur les routes des grandes plaines. Pour rassurer nos proches, je ne peux que dire que nous serons extrêmement prudents, nous ne nous mettrons pas en danger bêtement et nous choisirons notre sécurité, et non le buzz à tout-va. A très vite pour des nouvelles... nouvelles ! ;-)

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Cette saison 2019 a bien démarré, contrairement aux précédents crus. Car si la saison 2017 avait démarré sur les chapeaux de roues avec un premier semestre record, avec 496 reports de tornades pour une normale de 178, la suite fut très "accidentée", avec des mois d'avril et mai calmes, avant un été anormalement actif à nouveau, notamment juin et août.

2019 s'est déroulé dans un contexte beaucoup plus classique et habituel, avec une activité proche de la normale ces quatre premiers mois, bien qu'un peu plus active en mars et avril. A la date du 30 avril, le SPC (Storm Prédiction Center) a comptabilisé 528 tornades pour une moyenne de 390 sur la période 2000-2019, dont 169 en mars (moyenne : 85) et 309 cas en avril (moyenne : 208). L'excédent atteint tout de même 36% sur les quatre mois ! Sur la période 2000-2019, ces quatre premiers mois de l'année 2019 se place en 5ème position derrière 2011 (1040 tornades), 2017 (741 tornades), 2012 (609 tornades) et 2008 (549 tornades).

Mai est traditionnellement le mois le plus actif de l'année avec 282 cas de tornades en moyenne ces 20 dernières années. Mai 2018 avait été bien calme avec "seulement" 181 tornades, plus que les 105 tornades de 2005, record de faiblesse sur la vingtaine d'années. A l'inverse, mai 2003 avait connu 542 tornades, suivi de près par mai 2004 et ses 508 tornades. Des chiffres qui restent loin d'avril 2011 qui comptabilisait 875 cas de tornades sur le sol étasunien.

NOAA et SPC annonçaient dès le début de l'année un cru 2019 assez actif, au moins de saison, voire au-dessus. Jusqu'à présent, la réalité leur donne tout à fait raison.

Sur ces 20 dernières années, des groupes de jours semblent plus exposés au risque tornadique : les 14 et 15 avril, 4 et 5 mai, du 8 au 10 mai, avant un creux en milieu de seconde décade. Puis à nouveau une reprise de l'activité le 19, du 22 au 25 (4 jours consécutifs, maximum annuel), puis les 29 et 30 mai, et pour terminer les 11-12 juin. 

Une saison qui devrait nous combler pour notre chasse qui approche. Encore deux semaines de patience avant le grand départ à ce jour, vendredi 3 mai. On va croiser les doigts d'ici là pour vivre notre passion au maximum !

Du coup, je me prépare tranquillement. J-14, l'échéance approche, la tenue est déjà de rigueur! ;-)

L’épisode 3 de la Tornado Alley est en approche. Après mes périples centre-étasuniens des printemps 2014 et 2015, je retrouve enfin dans les Grandes Plaines au cours de la seconde quinzaine de mai 2019. Une belle façon de fêter les 20 ans de Lameteo.org !

Passionné par la météo et ses phénomènes depuis ma plus tendre enfance, j’ai réalisé certains rêves. Pas tous bien sûr, il y en a trop. Vivre un cyclone ou le passage d’une tornade, c’est déjà fait. Mais l’attraction vers la Tornado Alley est telle que j’y retourne pour cette fin de printemps 2019, avec mon fidèle ami Bruno Gonzalez, également passionné de météo, toujours impeccable dans son organisation.

Ils nous accompagneront cette fois-ci : Jean-Jacques Kelner, notre ainé de 73 ans cette année, toujours aussi jeune dans sa tête, prêt à parcourir des milliers de kilomètres dernière les orages et tornades ; Egalement Jordan Schmidt, jeune passionné lorrain et chasseur d’orages dans sa région qui marchera pour la première fois sur le sol américain. A quatre, nous allons avaler des kilomètres pour chatouiller notre rêve de voir ou revoir ces tourbillons célestes. Plutôt revoir, nous avons tous été témoins de tornades, y compris Jordan… en France, dans sa région en Lorraine, il y a quelques années.

Bruno

Jean-Jacques

Jordan

Lameteo.org fêtera ses 20 ans, eh oui déjà, le 12 mai prochain. Avouez que c’est un très bel anniversaire, non ?

Un journaliste d’une chaîne nationale devrait nous suivre durant quelques jours. Je n’en dis pas plus pour le moment !

Bien sûr, je ferai un suivi sur Lameteo.org sur cet édito, comme lors des éditions 2014 et 2015. Nous tenterons aussi des directs sur nos pages Facebook.

Si ce n’est pas encore fait, je vous invite à voir ou revoir le résumé de mes séjours 2014 et 2015.

 

Ainsi que les films tournés et montés par Basile Ducournau, absent cet année, mais présents lors de mes deux précédents périples.

Et pour terminer, le film "La ronde des nuages" de Jean-Jacques Kelner

 

Frédéric Decker

Archives des éditos : ARCHIVES 

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