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Starlink

Le nom est sympa, moderne, intergalactique ou startrékien si vous voulez, mais il cache une catastrophe céleste. Des lancements satellites en très grand nombre dont on peut éventuellement s’émerveiller pour la première fois, mais qui a terme gâchera nos nuits.

Depuis quelques mois, la société SpaceX d’Elon Musk envoie des vagues entières de satellites destinés à la communication internet haut débit sur toute notre planète. Une idée lumineuse ? Dans un certain sens oui, trop ! Car nous n’en sommes qu’au début, d’ici quelques années, des milliers de ces petits satellites de la taille d’une malle survoleront la Terre.

Il y’a certes déjà un grand nombre de satellites dans notre haute atmosphère que l’on peut reconnaître par un point lumineux ne scintillant pas et se déplaçant de façon rectiligne. Observable à l’oeil nu, ils ne sont pas trop gênant pour l’observation du ciel et du cosmos. Moins finalement que les avions de ligne.

SpaceX, c’est et ce sera autre chose : le projet est de saturer l’espace proche, entre 340 et 1200 km d’altitude, de milliers de ces petits satellites afin d’assurer la couverture globale en dehors des zones polaires. En restant à proximité du sol, le temps de réponse des satellites, leur délai de latence, peut rivaliser avec celui que l’on peut obtenir dans les réseaux au sol, alors que les satellites actuellement utilisés pour Internet sont placés sur des orbites géostationnaires à près de 36.000 km d’altitude et offrent des délais de latence très supérieurs, ce qui les rend incompatibles avec nombre d’applications, comme le jeu ou la finance en ligne.

D’ici 2021, 1600 de ces satellites devraient donc graviter au-dessus de nos têtes, des télescopes et appareils photos d’adorateurs du ciel, sur 72 orbites à 550 km d’altitude. A ce jour, il y a déjà plus de 300 de ces satellites. La prévision d’ici 2025 ? 12.000 satellites… passant ensuite à 42.000 les années suivantes !

Et d’autres entreprises comme OneWeb, au Royaume-uni, commencent aussi à lancer leurs propres petits satellites de communication… Plus de 5.000 sont prévus… Plus les 3.000 satellites en projets d’Amazon. Les sociétés Lynk et Facebook prévoient également le lancement de milliers de satellites au cours des quatre prochaines années. Plus tous les autres projets en Asie, en Russie, dont on ne connait pas encore les tenants et les aboutissants…

En pleine crise sanitaire due au coronavirus, la place de l’homme est parfois discutée par rapport à son milieu naturel. Le « vivre ensemble » avec notre planète semble naître, en consommant différemment, plus local, en réduisant les déplacements et véhicules, donc forcément la pollution… Tout cela est bien beau, mais cela risque de n’être qu’un feu de paille. Notre surconsommation risque malheureusement de reprendre de plus bel une fois la crise passée.

Et force est de constater que ces énormes flottes de satellites ne vont pas améliorer ce «vivre ensemble» avec notre planète. Est-on «obligés» de surfer sur Internet de partout. Ne sommes-nous pas déjà justement trop connectés ?

Mais je pense surtout au secteur de l’astromie, professionnel comme amateur. L’impact de ces flottes satellitaires, déjà énorme pour les observations du ciel à l’œil nu largement perturbées par la pollution lumineuse croissante et le trafic aérien, serait catastrophique pour les astrophotographes et pour la recherche astronomique. Elon Musk et sa société SpaceX prétendent que les nouveaux satellites seront peints en noir pour moins réfléchir l’éclat du Soleil vers le sol ; un test est d’ailleurs en cours sur un satellite en orbite à 550 km. S’il est positif SpaceX promet d’appliquer la recette sur tous les futurs engins. Cette solution technique permettrait peut-être de diminuer le nombre d’objets visibles à l’œil nu, mais cela ne modifiera vraiment pas la donne pour les observations et les photographies qui seront salies par ces intrus plus ou moins lumineux quadrillant la voûte céleste à un rythme soutenu. Il sera alors extrêmement difficile de parvenir à les éliminer totalement des images et d’innombrables champs d’investigations de l’astrophysique seront condamnés. L’étude de notre univers déjà ardue deviendra encore plus complexe du fait de ces OVI (Objets Volants Identifiés) qui vont désormais pourrir nos cieux. Et dire que certains veulent développer des publicités apparentes dans notre ciel. Mais où va le monde ! Dans la mauvaise direction, c’est une certitude…

- Frédéric Decker, Lameteo.org - 

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