L'édito

L'édito

Frédéric Decker de lamétéo.org

L'hiver 2016-17 est-il terminé ?

15 à 20 degrés et plus en ce mercredi 15 février 2017 sur les trois-quarts de la France. Une ambiance printanière bien précoce, sans record toutefois. Est-ce le signe que l'hiver 2016-2017 est terminé ?

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Le printemps en hiver, ce n'est pas si rare, et ce, depuis toujours. Dépasser les 15 degrés notamment en février jusqu'au nord de la Loire, cela arrive en moyenne tous les 3 à 4 ans, rien d'exceptionnel. Cet épisode de douceur actuel entre dans les périodes douces assez classiques à cette période de l'année. Les mois de février 98, 90 ou encore 1960 ont connu des pics de chaleur bien plus intenses avec 20 degrés et plus sur quasiment toute la France ! Le record de chaleur national pour un mois de février appartient toujours au 29 février 1960 d'ailleurs avec 31,2 degrés (à l'ombre !!!!) à Saint-Girons, en Ariège.

Mais ces périodes parfois presque chaudes en fin d'hiver ne sonnent pas forcément le glas de l'hiver.

Il ne faut pas remonter bien loin pour trouver des phénomènes opposés : l'hiver 2015/16 a été le plus chaud observé en France. Le printemps qui a suivi fut pourri, frais et très pluvieux. Des giboulées de neige se sont même invitées sur pas mal de régions... fin avril, y compris en plein cœur de la capitale, ce qui ne s'était plus produit aussi tard depuis près de 40 ans.

Rappelez-vous mars 2013 ! Certes, l'hiver avait déjà été assez froid. Mais mars avait alors réussi à faire pire, surtout sur le tiers nord de la France, au retour brutal de l'hiver à partir du 11... jusqu'en première décade d'avril ! Des chutes de neige exceptionnelles sont alors tombées sur le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie et surtout la Normandie avec 20 à 60 cm au sol avec des congères dépassant parfois 2 mètres ! Les dernières traces de neige ont localement disparu le 10 avril seulement...

L'hiver 2007/2008 s'est déroulé sous la douceur et parfois sans le moindre flocon sur bon nombre de régions. Les giboulées de fin mars ont permis au grésil et à la neige roulée de revenir... Mais ce n'était rien comparé à l'épisode neigeux tardif du 7 avril, donnant 3 à 5 cm en région parisienne et jusqu'à 40 cm sur la Côte d'Opale ! Des records !

Début février 2004, le thermomètre s'envole durant 5 jours consécutifs avec 17 à 20 degrés et plus en France. Pourtant, le froid revient entre la fin février et début mars. La neige s'invite en grande quantité en Normandie et surtout en Bretagne avec parfois plus de 30 cm!

La douceur remarquable de fin février et mars 2003 sera brutalement stoppée début avril par des gelées parfois records (moins de -5 degrés sur un bon tiers Est) et de la neige assez abondante, notamment en Bourgogne.

Après des hivers bien doux, les mois d'avril 2001, 1999 et 1998 renouent avec des gelées et des chutes de neige en plaine.

Début mai 1997, après une courte période chaude, la neige et le gel déferlent sur la moitié nord. Il tombe jusqu'à 5 cm de neige à Tours et sur le Poitou. Des flocons voltigent aussi en Ile-de-France.

En 1991, après une fin février très douce, un mois de mars bien au-dessus des moyennes et les premières chaleurs précoces début avril, froid et neige reviennent brutalement en deuxième quinzaine... et jusqu'en Corse !

L'hiver 88/89 très sec et anticyclonique se déroule sans un flocon. Mars devient même anormalement chaud avec des pointes à 25 degrés et plus durant une semaine en fin de mois. Avril 1989 figurera pourtant parmi les mois d'avril les plus froids du siècle, avec un épisode neigeux assez conséquent au nord de la Loire le 4 (3 cm à Chartres) et des flocons du 25 au 27 !

Mai 79 et ses fameuses giboulées de neige sur la moitié nord figure parmi les plus importantes "vagues de froid" printanières.

L'hiver 74/75 a longtemps conservé la tête des hivers les plus chauds en France, avant d'être détrôné par l'hiver 1989/90. Les Français pensaient alors connaître une année sans hiver. Sauf qu'il est finalement arrivé... et pour plusieurs semaines : quasiment tout le mois de mars jusqu'au 14 avril avec du froid vif (-5 le 19 mars à Bordeaux !) et d'importantes chutes de neige : 20 cm à Paris le 20 mars sous une tempête de neige qui frappe également la Lorraine, l'Alsace, la Champagne-Ardenne, le Centre, le Limousin... Un peu plus tard et après des gelées quasi quotidiennes, 12 cm à Châteaudun et Lille le 10 avril jusqu'à 18 cm à Grenoble, les flocons atteignent même Nice !

En 1945, au cœur d'un printemps chaud et sec, l'hiver fait une furtive apparition mais on-ne-peut-plus remarquée le 1er mai pour la fête de travail : pas moins de 8 cm dans la capitale et jusqu'à 10 cm en région parisienne.

En 1935, il neige encore plus tard : 3 cm le 18 mai à Paris et jusqu'à 20 cm à Lisieux !

Ces nombreux exemples, et encore j'en oublie sûrement et je pourrais aussi remonter plus loin en arrière, rappellent que notre climat français est très variable et inconstant, et ce depuis toujours, réchauffement ou pas. Depuis toujours, les saisons peuvent se succéder n'importe comment. Tout cela pour dire qu'il faut se méfier des premières impressions printanières, susceptibles d'être balayées par une période hivernale quelques jours ou semaines plus tard...

Frédéric Decker

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