L'édito

L'édito

Frédéric Decker de lamétéo.org

Mais où est passé l'anticyclone des Açores ?

Ras le bol ! Pluie incessante, grisaille, fraîcheur, crues et inondations... Où es-tu, où es-tu ?

N'hésitez pas à "aimer" Lamétéo.org sur Facebook pour vous tenir informés des dernières mises à jour et infos météo --->

Omniprésent en novembre et décembre dernier, l'anticyclone des Açores s'est retiré dans ses peinâtes depuis, oubliant la France où nuages et pluies se sont installées ces cinq derniers mois.

Son absence en hiver, en janvier et février, est assez classique. En revanche, ce printemps quasiment sans conditions anticycloniques en dehors de la mi-mars sort de l'ordinaire, même si ce n'est pas une première. Le printemps 2013, calamiteux lui aussi, nous le rappelle.

Ce vendredi 3 juin, Paris enchaîne sa sixième journée consécutive sans le moindre rayon de soleil. Une première ! En tous cas depuis les premiers relevés d'ensoleillement en 1949, pour la période mai à août. En mai 1975 et 1988, la série de jours sans soleil s'arrêtait à quatre jours.

Mais pourquoi l'anticyclone des Açores nous délaisse t'il ? Est-ce lié à ce "blob", cette masse d'eau fraîche dans le nord de l'Atlantique ? Ou bien encore à El Niño ?

L'enfant Jésus, en tout cas le phénomène qui porte son nom El Niño, y est très probablement pour quelque chose. Les dernières fortes séquences d'El Niño, en 1983 et 1998, occasionnèrent des hivers doux et calmes suivis de printemps pourris, en particulier en 1983 avec des mois d'avril et mai catastrophiques, pire encore qu'en 2016. A croire que le phénomène du Pacifique dicte la position de l'anticyclone des Açores durant plusieurs mois.

La donne change alors en été. La fin du phénomène efface les retombées en Europe et en France. La position de l'anticyclone des Açores est alors plus aléatoire, se rapprochant généralement plus facilement de nous.

Jusqu'ici, les dépressions ont une circulation assez méridionale pour la saison et passent fréquemment sur la France et l'Europe. D'où les intempéries qui se répètent, les crues et les inondations. Tout peut très vite basculer. L'amélioration se fera lentement mais sûrement ces prochains jours, avec le retour de pas mal de soleil malgré une petite tendance orageuse. Les tendances saisonnières indiquent un été "correct", avec a priori un mois d'août plus favorable que juillet. Mais attention, ce type de tendances n'est fiable qu'à 60%.

A vrai dire, l'anticyclone des Açores est rarement chez lui, rarement chez nous, souvent à mi-chemin. Sa position plus ou moins proche de nous est très aléatoire et fait tout simplement partie de la variabilité naturelle de notre climat, exposé à de multiples influences : océanique, continentale, arctique, tropicale... Son absence actuelle n'a aucun rapport avec le pseudo "changement climatique", le pseudo "dérèglement" climatique, ni même le plus exact réchauffement climatique. Des périodes dépressionnaires très durables ont toujours existé sous nos latitudes, il n'y a rien de nouveau sous... le soleil !

Frédéric Decker