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Record d'extension des glaces de l'Arctique depuis 2010

La couverture de glace dans l'océan Arctique atteint un niveau élevé "record" sur ces 11 derniers hivers, depuis 2010. Aidé par un vortex polaire survitaminé cet hiver 2019-2020. 

La glace couvre plus de 14 millions de kilomètres-carrés en cette mi-février en Arctique. Une pause dans le déclin de la banquise en cet hiver, mais une superficie totale qui reste inférieure à la moyenne 1979-2020. L'année 1979 étant l'année record de forte extension, année d'ailleurs exceptionnellement froide dans la zone polaire boréale.

Cette extension assez importante cet hiver est due à un vortex polaire particulièrement en forme ces derniers mois. Un vortex polaire (ou tourbillon polaire) est une dépression d'altitude récurrente et de grande taille, plus ou moins 1000 km de diamètre en moyenne, localisée près d'un des pôles géographiques. Ces centres dépressionnaires se forment dans la haute et moyenne troposphère et dans la stratosphère.

Ces zones de basse pression sont associées à un cœur d'air froid et donnent en surface, des anticyclones thermiques dans le sillage d'un front polaire car lorsque la masse d'air se contracte et devient plus dense, elle exerce une forte pression sur le sol. Le vortex polaire s'intensifie donc en hiver et s'affaiblit en été parce qu'il dépend de l'écart thermique entre l'équateur et les pôles.

Lorsque ce vortex polaire est puissant, plus étendu que la normale comme cet hiver et fixé au-dessus du pôle, il est moins susceptible de descendre vers le sud, vers le Canada, les Etats-Unis ou l'Europe par exemple. La douceur exceptionnelle de cet hiver, pouvant devenir le plus chaud en France, en est en grande partie la conséquence. C'est également le cas au Québec avec +1,1 degrés d'écart à la normale en décembre, +3,9 degrés en janvier et un écart plus réduit pour le moment en février, +0,6 degré.

Les quelques descentes d'air froid vers le Canada ce mois de février restent de courtes durées, le vortex polaire restant "verrouillé". Ainsi, des records de douceur pleuvent en Europe, en Russie mais aussi plus ponctuellement en Amérique du Nord ces trois derniers mois.

D'autre part, si l'extension de glace est "importante" par rapport à ces 11 derniers hivers, elle cache une épaisseur et un volume peu importants, bien inférieurs aux chiffres moyens et même parmi les plus faibles des 40 dernières années. Une glace bien étalée mais fine, qui disparaîtra rapidement dès les premiers coups de chauds printaniers, tout en ayant quelques impacts sur les conditions météo des prochaines semaines. 

Cette hausse d'extension hivernale n'est pas un signal climatique, mais le résultat de conditions météorologiques particulières, indépendamment du contexte de réchauffement climatique, toujours d'actualité.

Selon les dernières prévisions, ce puissant vortex polaire devrait se maintenir ces prochaines semaines jusqu'au mois de mars. L'extension glaciaire devrait donc se poursuivre et une hausse du volume de glace est attendue. Par effet de vases communicants, il devrait maintenir des conditions souvent douces ce printemps dans les zones tempérées de l'hémisphère Nord, en Amérique du Nord comme en Europe.

- Frédéric Decker, Lameteo.org - Vendredi 14 février2020 -

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