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Les pyrocumulonimbus, des orages pas comme les autres

Les incendies gigantesques en Australie et le volcan Taal aux Philippines ont fait parler de phénomènes météorologiques relativement peu connus, liés au feu. Les pyrocumulonimbus appelés parfois « orages de feu ». L’occasion d’expliquer ce phénomène.

Pour un orage classique, il faut de l’air chaud au sol et de l’air froid en altitude pour permettre son développement. Lors de feux de forêts comme en Australie ces derniers mois, la chaleur au sol est bien sûr décuplée. L’air chaud étant plus léger que l’air froid, il s’élève rapidement, se refroidit et se condense, formant des nuages mêlés de fumées. 

Ce pyrocumulus évolue ensuite en pyrocumulonimbus en atteignant la tropopause et en s’étalant en forme d’enclume. Des décharges électriques se forment alors sous forme d’éclairs en raison des importants frottements de l’air parsemé de particules. Ces mêmes particules amoindrissent les précipitations de ce type d’orage, bien moins pluvieux que les orages classiques, le nombre de noyaux de condensation fournis par la fumée étant très grand et mènant à une forte compétition pour la vapeur d'eau présente.

Ce type d’orage s’accompagne assez souvent de rafales descendantes (ou downbursts), rafales surpuissantes pouvant provoquer des dégâts importants par « écrasement » sur la végétation et les habitations. Des tornades peuvent également se développer. Les « tornades de feu » souvent visibles lors d’importants incendies ne sont pas des tornades à proprement parler, mais des phénomènes tourbillonnaires s’apparentant davantage aux « dust devils » ou « tourbillons de poussière », créés par les importantes différences de températures localement et verticalement. L’air surchauffé près du sol se mélange mal à l’air plus frais au-dessus, donnant lieu à un tourbillon.

Et c’est un cercle vicieux : la foudre occasionnée par le pyrocumulonimbus ou « orage de feu » crée des nouveaux départs de feux, parfois très loin du foyer principal. 

C’est le même principe pour les orages volcaniques : cendres et vapeur d’eau se mélangent en étant projetées à des hauteurs parfois très importantes, jusqu’à 15 voire 20 km d’altitude. La cendre volcanique s’électrise facilement et créé des frottements très importants lors d’éruptions volcaniques suffisamment. Outre le spectacle de l’éruption, la foudre qui l’accompagne peut être spectaculaire également. Mais comme pour les orages liés aux incendies, ceux-ci peuvent déclencher des incendies, parfois à plusieurs kilomètres du volcan !

- Frédéric Decker, Lameteo.org - Dimanche 12 janvier 2020 -

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