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Pas d'hiver non plus dans le grand Nord et la Russie

Le Grand Nord européen a chaud. La Scandinavie et la Russie enregistrent des températures records, parfois jusqu’à 20°C au-dessus des normales saisonnières.

Records de températures, déficit de neige et pluies qui transforment en patinoires les routes et les pâtures des rennes: des fjords norvégiens à la Russie, le Grand Nord de l’Europe attend désespérément l’hiver arctique.

Sunndalsøra, petite localité de l’ouest de la Norvège, a enregistré 19°C le 2 janvier, du jamais vu dans le pays scandinave en hiver. Cette température clémente est due à des vents chauds – le foehn – qui devaient revenir balayer la région mardi soir, selon l’Institut météorologique norvégien.

Un maire de la région avait frappé les esprits au début de l’année en se faisant filmer en pleine baignade dans une eau beaucoup plus froide que l’air. Le phénomène du foehn n’est pas inhabituel et de tels épisodes de chaleur ne sont pas nécessairement liés au changement climatique, soulignent cependant les météorologues.

Le 2 janvier, trois stations du centre de la Suède ont signalé les températures les plus élevées pour un mois de janvier depuis 1971.

En Suède, les températures relevées ces derniers jours dépassent d’environ 5°C les normales de saison dans le Sud, et de 10°C dans le Nord. «Le 2 janvier, trois stations du centre de la Suède ont signalé les températures les plus élevées pour un mois de janvier depuis 1971», a précisé Sverker Hellström, climatologue à l’Institut météorologique suédois.

Hivers plus courts

Propriétaire d’une entreprise de chiens de traîneau à Ekorrsele, en Laponie suédoise, Donald Eriksson affirme vivre un des hivers les plus chauds de ces dernières décennies. «Le 7 janvier 2019, il faisait -36°C ici, ce (mardi) matin il faisait +1°C», assure-t-il. Les écarts «peuvent dépendre de la météo, mais la tendance est claire: ces 15 dernières années, et surtout les 10 dernières, les hivers ont raccourci d’un mois et demi en moyenne», selon lui.

La tendance est claire: ces 15 dernières années, et surtout les 10 dernières, les hivers ont raccourci d’un mois et demi en moyenne.

L’alternance de froid et de redoux accompagné de pluie pénalise aussi les éleveurs de rennes, dont les pâtures naturelles gèlent, empêchant les cervidés d’accéder au lichen dont ils raffolent.

Le changement climatique rend les hivers norvégiens plus courts, a souligné mardi l’Institut météorologique. Dans ce contexte, l’hiver est défini comme le nombre total de journées avec des températures négatives.

«L’hiver s’est raccourci ces 30 dernières années et cela va continuer», a affirmé la chercheuse Reidun Gangstø Skaland. «En 2050, plus d’un million de Norvégiens vivront dans des zones avec moins d’un mois hivernal». Selon l’Institut, Oslo a perdu 21 jours d’hiver au cours des trois dernières décennies, Tromsø (nord) 17 jours et Bergen et Trondheim (ouest) 7 et 15 jours respectivement.

Pas d’hiver en janvier

Dans un récent rapport sur le réchauffement climatique, le comté de Västerbotten, en Suède septentrionale, estime que ses stations de ski pourraient à terme voir la saison fondre de deux mois et le thermomètre grimper de cinq degrés.

Dans le sud de la Finlande, où les températures moyennes en décembre étaient déjà de 4,5°C au-dessus de la normale, l’hiver n’a même pas encore commencé, selon l’Institut météorologique local. Les prévisions météorologiques montrent qu’en janvier, il n’y aura pas de véritable hiver dans la région.

Au coeur de l’Arctique, l’archipel norvégien du Svalbard (Spitzberg) en est quant à lui à son 109e mois d’affilée avec des températures excédant la normale, selon l’Institut météorologique norvégien.

Situation identique en Russie, où il faisait mardi 0°C à Mourmansk, plus grande ville du monde au-dessus du cercle polaire arctique, soit environ 6°C au-dessus des normales saisonnières, selon le centre météorologique national. La journée de mercredi s’annonce encore plus chaude: les météorologues prévoient jusqu’à 2°C à Mourmansk et jusqu’à 4°C à Saint-Pétersbourg, la deuxième ville de Russie (+12°C par rapport aux normales).

En Iakoutie, l’une des régions les plus froides du monde, on est 20°C au-dessus des valeurs saisonnières.

Reste que le nord-ouest de la Russie n’est pas le plus touché. «Tout le pays enregistre des anomalies positives», a indiqué à l’agence Ria Novosti le directeur du service météorologique national, Roman Vilfand. «Les plus fortes anomalies touchent la région de Krasnoïarsk et la Iakoutie (Sibérie). En Iakoutie, l’une des régions les plus froides du monde, on est 20°C au-dessus des valeurs saisonnières» avec des températures montant à -15°C.

- Article de la nouvelliste.ch - Mercredi 8 janvier 2020 -

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