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Climat - Australie : la maison brûle-t-elle ?

Inondations, feux de forêts, cyclones, tornades… Les phénomènes météorologiques extrêmes semblent s’aggraver et s’amplifier. Une réalité ou une simple vue de l’esprit ?

Ce début d’année 2020 est catastrophique en Australie, pays actuellement ravagé par des incendies de forêts « sans précédent » ou « jamais vus ». Une catastrophe, le mot est juste. Ces feux auraient déjà tué un demi-milliard d’animaux ! Un désastre écologique à n’en pas douter. Le climat est pointé du doigt, comme à chaque extrême météorologique. Mais le « dérèglement climatique » ou plus exactement réchauffement climatique est-il la cause de ces images d’horreur ?

L’Australie est un pays majoritairement désertique dans lequel s’est malgré tout installé l’homme, tentant de s’adapter à son climat, marqué par des sécheresses récurrentes parfois dramatiques, comme c’est le cas ces derniers mois. L’extrême sud du pays connaît un climat plus tempéré et sa partie nord est sous un climat tropical plus humide. Le désert, entouré de prairies et savanes extrêmement inflammables, fournit l’air sec et la canicule, qui s’étendent naturellement sur la majeure partie du pays en été, avec plus ou moins d’intensité selon les années. Bien sûr, le réchauffement climatique moderne a amplifié ce phénomène ces 30 à 40 dernières années : davantage de chaleur, donc plus d’évaporation et donc une végétation desséchée lorsque toutes les conditions sont réunies comme cette année.

Ce n’est pas une première bien sûr, l’Australie brûle plus ou moins tous les ans. Avec des années déjà très difficiles, telles que la fin d’été 2009, janvier-février 2003, février 1983, janvier 1994… Jusqu’à présent, le record était très ancien, remontant à l’été 1851 et ses 5 millions d’hectares de forêts partis en fumée ! Un million de moutons avaient alors péri. Cet été 2019-2020, nous approchons désormais les 6 millions d’hectares brûlés, un bien triste record… Derrière 2019-20 et 1851 suivent 1974/75, 1951/52, 1984/85, 2003, 1938/39, 1961…

Le climat est-il le fautif ? En partie seulement. Bien sûr, les records de chaleur et la sécheresse très marquée n’arrangent rien, bien au contraire. Mais le principal facteur aggravant est… l’être humain lui-même, responsable d’au moins 85% de ces feux, qu’il s’agisse de départs de feux accidentels, intentionnels ou autres ! La part naturelle est donc bien faible, à peine 15% voire moins. Ces dernières semaines, 200 incendiaires auraient été arrêtés en Australie. Un nombre de pyromanes énorme qui explique en grande partie ce désastre !

Accuser le « dérèglement climatique » (qui n’existe pas, nous sommes dans une phase de réchauffement climatique) de tous nos maux est si facile. Que dire des inondations parfois catastrophiques qui frappent les quatre coins du monde. Dans 90% des cas dans des zones très (trop) bétonnées, des agglomérations où l’eau de pluie ne peut pas s’infiltrer… Que dire de ces habitations construites en zones inondables, ou à même la côte, amplifiant l’érosion naturelle de part l’élimination de la végétation susceptible de retenir le sable… Car ce n’est souvent pas la mer qui monte, mais la côte qui recule, dévégétalisée, bétonnée comme nos villes par l’homme voulant son appartement «les pieds dans l’eau».

Quant aux phénomènes violents - orages, cyclones, tornades - malgré la hausse effective de la température mondiale, indéniable, ils ne sont pas plus nombreux qu’autrefois. Certains ont même tendance à baisser en nombre. Mieux : ils font beaucoup moins de victimes qu’autrefois car nous sommes désormais mieux alertés par les services météo et les gestes de survie sont mieux inculqués qu’auparavant.

Que dire surtout des plus de 7 millards d’hommes présents sur notre planète, poussant à une surconsommation de tout, nourriture bien sûr, qu’il s’agisse de végétaux ou d’animaux, des ressources pour l’électricité, le chauffage, la climatisation, les véhicules en tous genres. Tout en polluant toujours plus notre air, notre sol, nos océans, et ce malgré quelques gestes ici ou là, bien trop petits pour améliorer sensiblement la situation. Notre planète est-elle faite pour supporter une telle charge d’habitants ? Surtout avec un tel besoin de consommation ? Sans doute que non. Mais le sujet de la surpopulation reste malheureusement tabou !

Des politiques de dénatalité devraient-elles être mises en place dans certains pays ? Oui, très probablement. Notre société de consommation nous mène droit à notre propre perte. Bien plus vite que tous les phénomènes naturels extrêmes réunis. La gestion de la nourriture et de l’eau finira par devenir compliquée. Cela a même déjà commencé. Mais nos dirigeants préfèrent malheureusement s’apitoyer sur des faux problèmes, sans même offrir de solutions. Navrant !

- Frédéric Decker, Lameteo.org - Vendredi 3 janvier 2020 -

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