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Douceur parfois record ce février 2019

Une douceur remarquable à exceptionnelle enveloppe la France depuis la Saint-Valentin, douceur quasiment en continu les après-midi en dehors d’un bref rafraichissement mardi dernier. Si les nuits restent de saison et même parfois froides sous le ciel dégagé, le thermomètre affiche déchiffres très élevés les après-midi, battant même localement des records.

L’anticyclone situé à l’est de la France, centré vers la Pologne, occasionne un flux de sud à sud-est chaud et sec récurrent depuis près de dix jours, permettant au soleil de s’imposer partout ou presque, les brouillards et nuages bas se faisant de plus en plus rares et peu tenaces au fil des jours.

Ces conditions météorologiques durables sont optimales pour un réchauffement diurne maximal. De ce fait, les thermomètres décollent les journées pour tourner entre 15 et 20 degrés sur la plupart des régions, voire davantage encore sur les régions méridionales avec des pics à 25 degrés.

 

Vendredi après-midi, quelques records de chaleur mensuels sont localement tombés :

-> 16,7 degrés à l’Ile d’Yeu (85), ancien record depuis 1949 : 16,4 degrés le 29 février 2012
-> 19,9 degrés à Noirmoutier (85), ancien record depuis 1959 : 17,5 degrés le 13 février 1998
-> 20,5 degrés à La Rochelle, ancien record depuis 1949 : 20,2 degrés le 28 février 1960
-> 21,8 degrés à Sète, ancien record depuis 1949 : 21,3 degrés le 19 février 1989
-> 23,1 degrés à Aigues-Mortes (30), ancien record depuis 1959 : 21,6 degrés le 23 février 2012
-> 23,7 degrés à Béziers, ancien record depuis 1995 : 22,2 degrés le 27 février 2009
-> 23,8 degrés à Vis-le-Fesq (30), ancien record depuis 1966 : 23,0 degrés le 19 février 1989
-> 24,1 degrés à Saint-Martin de Londres (24), ancien record depuis 1947 : 23,1 degrés le 23 février 2012
-> 25,0 degrés à Prades le Lez (34), ancien record depuis 1980 : 23,1 degrés le 19 février 1989 

Avec 23,6 degrés à Montpellier, le record reste 25,0 degrés le 27 février 1894.

A noter que le record national en février est de 31,0 degrés à Saint-Girons le 29 février 1960… Et il s’agit bien d’une température mesurée à l’ombre, à l’occasion d’un phénomène d’effet de foehn exceptionnel au pied des Pyrénées !

Le flux tourne légèrement à l’est ce week-end, provoquant une légère baisse des thermomètres qui s’éloigneront sensiblement des records, restant tout de même nettement au-dessus des chiffres de saison. Attention tout de même aux gelées de retour en force dimanche matin, risquant de vous surprendre au beau milieu de ces températures printanières !

Entre lundi et mercredi, le flux se redressera davantage au sud, apportant à nouveau des masses d’air plus chaud. Les températures repartiront à la hausse et des records de chaleur risquent de tomber.

A Paris, il y a eu jusqu’à présent 7 jours à 15 degrés et plus. Le record à battre pour un mois de février est de 8 jours, atteint à deux reprises en février 1961 puis février 1990.

Ce record sera certainement battu d’ici mercredi, passant à 11 ! Un nouveau record sur la période 1873-2019, et même depuis 1665 en considérant les relevés anciens de l’observatoire de Paris (avant la création de la station météo de Paris-Montsouris).

En température moyenne mensuelle en revanche, février 2019 ne battra pas de record pour ces raisons : une première décade à peu près de saison, un tout début de mois encore froid dans le prolongement de la troisième décade de janvier, et des nuits fraîches voire froides ce mois de février, tirant la moyenne vers le bas malgré des après-midis printaniers. Février 1990 avec ses 9,9 degrés restera loin devant, 2019 restant loin derrière avec 7,2 de moyenne nationale du 1er au 22. Même l’ancien mois de février 1767 et ses 9,2 degrés, en plein Petit Age Glaciaire, restera devant !

Si le phénomène en lui même n’est pas inédit, la répétition des périodes chaudes à douces en toutes saisons depuis près de 40 ans s’inscrit parfaitement dans le contexte de réchauffement climatique. A l’échelon de la France, ce réchauffement atteint tout de même 1,6 degrés sur cette dernière quarantaine d’années, hausse plus rapide que la moyenne mondiale ! N’en déplaise aux climato-sceptiques, les purs et durs qui renient ce réchauffement ! Même si il a déjà fait aussi chaud voire plus chaud que de nos jours dans un passé lointain, il y a plus de 700 ans et surtout de -5000 à -2000. Sans remonter plus loin en arrière où il a pu faire encore plus chaud avec une planète Terre tropicale...

- Frédéric Decker, Lameteo.org - Samedi 23 février 2019 -

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