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Où en est le réchauffement climatique ?

Le dernier rapport du GIEC a fait l'effet d'une bombe dans la sphère médiatique, comme c'est le cas à chaque fois. Annonçant un réchauffement plus marqué, rapide et des catastrophes naturelles en hausse probable. Mais plutôt à la fin du siècle. Et à ce jour, selon les relevés mondiaux, on en est où ?

La France et une partie nord de l'Europe connaissent une année 2018 exceptionnellement chaude et sèche, rivalisant même avec 2003, année de la célèbre canicule. Mais il s'agit d'une anomalie régionale à l'échelle de la Terre, les résultats mondiaux n'indiquant pas de record ces derniers mois.

Le réchauffement climatique est un fait. Impossible de le nier. Irrégulier de 1880 à aujourd'hui avec même des phases de baisse du thermomètre mondial entre 1880 et 1910, puis entre 1950 et 1980, il atteint des sommets ces dernières années, notamment au cours de l'année 2016 avec 14,798°C de moyenne précisément, année record sur la période 1880-2018, soit 0,939°C d'excédent par rapport à la moyenne 1900-2000, moyenne choisie par NOAA pour établir les écarts thermiques terrestres depuis 139 ans.

Entre mai 2015 et début 2017, un long et puissant phénomène El Nino a boosté le thermomètre à l'échelon de la planète toute entière. Ce pic de chaleur était d'ailleurs attendu et n'a surpris personne.

C'est mars 2016 qui a été le plus chaud en terme d'écart thermique avec +1,22°C par rapport à la moyenne du XXème siècle. Depuis, et c'est logique avec la disparition d'El Niño remplacé par une La Niña mollassonne, la température terrestre redescend. De près d'un demi degré, avec un écart moyen ces trois derniers mois de +0,75°C, et même +0,65°C "seulement" en février dernier avant des excédents un chouia plus élevés au printemps dernier, jusqu'à +0,83°C en mars et avril. Le degré de réchauffement craint par le GIEC et les médias n'aura été atteint et dépassé qu'épisodiquement, entre décembre 2015 et avril 2016, puis au cours du mois de mars 2017. Depuis, un fléchissement thermique est enregistré. Cette baisse, sur moins de trois ans, est toutefois beaucoup trop courte pour en conclure que "nous sommes sauvés". La courbe pourrait tout à fait repartir à la hausse prochainement.

Côté Pacifique, nous sommes en phase neutre actuellement. Les experts de la NOAA estiment qu'il y a 50 à 55% de chance de voir El Niño revenir d'ici novembre, et 65 à 70% entre décembre et février. Un phénomène El Niño toutefois très modéré envisagé par les climatologues de l'institut américain, souvent très fiable dans cet exercice. 

Des retombées somme toute peu marquées concernant une éventuelle nouvelle flambée du thermomètre mondial ces prochains mois. D'autant qu'un pic de faiblesse de l'activité solaire pourrait rééquilibrer l'éventuel réchauffement du à El Niño. On notera aussi une activité volcanique en hausse ces derniers temps, pas suffisamment forte pour bouleverser le climat des mois à venir, mais la situation mérite d'être surveillée.

Il n'empêche, soyons réalistes : ces presque 40 dernières années sont très probablement la période la plus chaude depuis la fin de l'Optimum Médiéval, depuis environ l'an 1.300. Nous vivons donc une période exceptionnelle de l'histoire récente. Mais un peu plus loin en arrière, il a fait plus chaud : selon les paléontologues ayant étudier la sédimentation, l'âge de bronze était 2 à 3°C plus chaud qu'aujourd'hui. Ce qui correspond aux quelques écrits de l'époque retrouvés, relatant la disparition totale des glaciers alpins... et scandinaves ! La chute de l'Age de Bronze serait d'ailleurs en partie due à une brutale chute des températures, accompagnée de sécheresses récurrentes. Et il a sans doute fait encore plus chaud plus loin en arrière, avec une planète Terre presque entièrement tropicale... du temps des dinosaures. Ca ne nous rajeunit pas !

- Frédéric Decker, Lameteo.org - Vendredi 12 octobre 2018 -

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