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Orage dantesque
Le dimanche 30 Mai 1999 , après une semaine chaude sur le temps commence à se gâter par l'ouest comme prévu par Météo France. Un orage dans la nuit du 28 au 29 avait déjà , comme disait mes parents, remplacé la Techno Parade. Mais après la belle et chaude journée du Samedi 29, le dimanche matin suivant allait se montrer bien moins serein. Levé à 8h30 , je décide de petit déjeuner puis d'aller faire du roller, histoire de me dégourdir un peu. Je regarde le ciel depuis le balcon, vers l'est : il est jaunâtre, intéressant mais menaçant et la température est de 23°c. Alors en espérant que ce ciel est annonciateur d'orage (d'après mes minimes connaissances météo), je me chausse et zou, me voilà en roller. Il fait vraiment lourd mais un petit vent de sud souffle et ce n'est déjà pas mal. Je suis sur une avenue large et agréable pour circuler. Il n'y a pas grand monde mais je suppose que la grasse matinée du dimanche y est pour beaucoup ! Puis j'arrive sur une grande place qui me permet de voir vers l'ouest et là : une monstrueuse ligne noire est visible, noire - vert menthe avec des flash fréquents. Je tremble un petit peu en me demandant si la rando-roller dominicale n'aurait pas été mieux dans une salle ! Le peu de gens que j'ai croisé sur l'avenue s'activent sous mes yeux et désertent peu à peu les lieux. C'est angoissant. Je ne sais pas si l'orage que je vois au loin vient vers moi ou non. Il faut rentrer , celà est plus prudent. Papa va s'inquiéter bien qu'il me sache prudent. Je reprend l'avenue citée ci-dessus. Je commence à avoir un peur, il n'y a vraiment plus personne. C'est quoi le problème ? C'est un ouragan ? Je me sens excité. J'arrive à une rue qui m'emmène droit sur mon immeuble est à ce moment là, ce que je vois est effrayant. Une rue parisienne, bordée d'immeubles haussmaniens hauts de six étages et face à moi, venant de l'ouest, le monstre vert-menthe qui est devenu plus gris-noir en l'absence du soleil. Je tremble. Il n'y a plus qu'à traverser le passage clouté pour être à la maison : oui mais une très forte rafale me ralentit dans ma course et la poubelle en plastique est en transe, la poussière et les petits objets deviennent des OVNIs. Aïe il pleut mais ça fait mal : il pleut ? Ou la la ! Nan c'est de la grêle ! Moi aussi je suis en transe ! Je tremble à un point telle que je n'arrive pas à faire le code de l'immeuble. Ca y'est ! Décidémment , je crois que je vais faillir ! Je tremble tellement.Il est 10h05. Je sonne à ma porte, mon père inquiet m'ouvre et me dit : "ah ce que je suis rassuré que tu sois là ! viens voir !" Depuis la fenêtre du salon , la rue n'est quasiment plus visible : un rideau de grêle s'abat sur la capitale, poussé parfois par de puissantes rafales. Quelques voitures présentes à ce moment dans la rue s'arrêtent. 15 minutes sont nécessaires à cet orage pour se vider de son stock de grêle. Puis une pluie fine de 5 minutes environ pour la finition. Le soleil revient à partir de 10heures 30. A onze heures , les informations annoncent que cet orage a blessé 3 coureurs au bois de Boulogne et causé le décès d'une jeune fille à Aubervilliers suite à la chute d'une grue. Je pars faire un tour sous un beau soleil revenu : les branches d'arbres jonchent le sol, des vitres de voitures sont fêlées, des caniveaux se prennent pour les Grands Lacs canadiens et des souterrains piétons, privés d'électricité, sont gorgés d'eau (l'un d'eux m'aura pris au piège ! de l'eau jusqu'aux genous ! vite je ressors de cette grotte maléfique !!)
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