Tornade dans l'arène de Bayonne



Cela s'est passé samedi 7 août 1999, au Pays Basque où je vis. La féria de Bayonne battait son plein et je me suis rendu pour la première fois à une corrida. Il faisait un temps assez nuageux depuis midi, mais la chaleur était suffocante, inhabituelle pour une zone côtière. Le ciel était devenu très noir sur l'océan, et cette zone semblait stagner depuis un moment. J'ai pris place dans les arènes vers 17 heures, et les toréros faisaient un spectacle introductif à cheval avant l'entrée des taureaux.

L'atmosphère était pesante, presque ouattée et cela donnait une certaine tension au spectacle. La luminosité s'est mise à baisser peu à peu et le ciel obscur sur l'ouest commençait à prendre des teintes verdâtres et violettes. Il était zebré de petits éclairs furtifs, mais le tonnerre ne se faisait pas entendre. Rien encore ne laissait présager l'ampleur de ce qui suivit. Au dessus du plus haut gradin de l'arène, une masse nuageuse noire et comme bouillonnante apparut en avanceant à une vitesse incroyable, qui contrastait avec l'abscence de vent et le calme de l'atmosphère ambiante. Certains spectateurs non protégés par une toiture commencèrent à quitter l'arène en pressentant le coup de tabac. Il faisait presque nuit (à 18 heures en été) et l'éclairage public s'est allumé.

Au moment précis où la belle Marie Sara se posta devant la sortie du toril, prête à affronter la bête, la masse tourbillonante noire était au dessus de nos têtes . Le vent s'est alors déchaîné, la torero a couru s'abriter et tous les coussins des gradins se sont envolés. Quelques secondes après, la grêle et la pluie s'en sont mêlés, semant la panique dans les gradins découverts. Les arbres étaient courbés en deux. On voyait une activité électrique intense bien que la densité du nuage ne permit pas de distinguer les éclairs. Le bruit du vent couvrait celui du tonnerre A peine 15 minutes plus tard, la luminosité à commencé à croître, et la tourmente s'est affaiblie. C'est bien une tornade de force de F2 que nous venions d'essuyer. La corrida a été annulée, et en sortant, des branches jonchaient les rues, quelques arbres sont tombés et de graves accidents ont eu lieu sur l'autoroute. Quand le soleil a reapparu, la visibilité était sidérante, on voyait les Pyrénées sur des dizaines de kilomètres. L'air était d'une pureté rare.

C.A.




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