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Canicule en septembre

Certains la redoutent, d’autres l’annoncent… La canicule reviendrait pour la première quinzaine de septembre. Une canicule en septembre ? Mythe ou réalité ?

J’entends depuis quelques temps les inquiétudes du public face à une nouvelle canicule jusqu’au 15 septembre. Curieux, j’ai farfouillé sur le net, en vain. Aucune prévision de canicule pour la seconde moitié d’août et la première de septembre. Même pas sur les sites météo habitués aux fake news ! S’agirait-il d’une confusion du public par rapport au « plan canicule », actif jusqu’au 15 septembre ? Ce serait l’explication la plus plausible !

Mais au fait ? Une canicule en septembre, c’est possible ?

Ils sont rarissimes, mais quelques cas de canicule en septembre apparaissent dans les archives de la météo :

-> du 16 au 19 septembre 1987, après un été frais, des fortes chaleurs tardives s’abattent sur une grosse moitié sud, atteignant parfois les seuils de canicule par endroits. Les 31°C sont dépassés quatre jours de suite à Châteauroux, valeurs inférieures au seuil caniculaire de 34°C sur le département de l’Indre. 

-> du 11 au 15 septembre 1947, après les épisodes caniculaires de fin juin, juillet et août, une importante vague de chaleur déferle à nouveau sur la France avec 30°C et plus sur les deux-tiers sud du pays, flirtant parfois avec les seuils de canicule actuels.

-> du 30 août au 6 septembre 1929, les 35°C sont dépassés quotidiennement sur une large moitié sud, avec des pics à 37°C des régions méridionales jusque dans le Centre.

-> du 1er au 13 septembre 1911, une vague de chaleur exceptionnellement forte, longue et tardive enveloppe l’hexagone, avec 8 jours consécutifs au-dessus de 35°C sur les deux-tiers sud du pays (et jusqu’à Brest le 7 !). Et ce, après un été très difficile en terme de chaleur, avec des canicules à répétition à partir du 7 juillet… et donc jusqu’au 13 septembre. L’été 1911 caniculaire provoque une surmortalité de 40,000 personnes tuées par les fortes températures,  finalement largement devant les 15,000 morts de l’été 2003. Chiffre non divulgué en 2003.

-> du 29 août au 5 septembre 1906, les seuils de canicule sont parfois dépassés au sud de la Loire. Le 1er septembre, le thermomètre culmine à 38,0°C à Châteauroux, chiffre record qui tient encore aujourd’hui, 35,0°C à Nantes…

-> du 5 au 11 septembre 1898, les 32°C sont atteints ou dépassés tous les jours au sud de la Loire, avec pointes à 35/36°C.

-> du 1er au 9 septembre 1895, une chaleur hors-norme s’abat sur la France avec des pics à 37/38°C sur les deux-tiers sud : 37 à Auxerre, 36 à Paris, Rennes et Limoges, 35 à Orléans, 31°C à Brest… Après une courte pause, la chaleur revient en force dès le 16 jusqu’au 1er octobre, plus « modérée » malgré des pointes à 30/32°C, et 7 jours consécutifs de forte chaleur du 23 au 28, faisant de ce mois de septembre le plus chaud de l’histoire moderne de la météo (1658-2018) sur les températures maximales moyennes, loin devant devant 2006.

 

-> Loin des seuils de canicule mais exceptionnelle par sa tardiveté, sa durée et son intensité pour la période de l’année, la vague de chaleur d’octobre 1921, du 2 au 13 sur la moitié nord et jusqu’au 22 sur la moitié sud, reste inédite jusqu’à ce jour. Les mois d’octobre chauds récents l’étaient plus par une chaleur modérée durable que par une vague de chaleur remarquable ou exceptionnelle, contrairement à cet exceptionnel mois d’octobre 1921.

En conclusion, les canicules en septembre sont très rares, d’autant plus qu’elles se sont raréfiées après 1947, la seule comparable aux cas cités ci-dessus étant celle de la mi-septembre 1987, il y a déjà plus de 30 ans. Celle de septembre 1911 reste exceptionnelle, après un été déjà très difficile, et des canicules répétées et intenses durant plus de deux mois. Et quel paradoxe : elles se sont logiquement raréfiées après 1947 durant le rafraîchissement climatique des années 50 aux années 80 (et même aux années 90 marquées par une succession de mois de septembre frais), mais elles ne reviennent pas au niveau de celles de la première moitié du XXe siècle et de la fin du XIXXe malgré le réchauffement sensible des 30 à 40 dernières années. Un mystère climatique à contre-courant de l’alarmisme réchauffiste actuel. Joli pied de nez ! 

Frédéric Decker

Archives des éditos : ARCHIVES 

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