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Extrêmes climatiques : avril 1837 vs avril 2007

En avril, ne te découvre pas d’un fil… Ce dicton, qui semble exister depuis toujours, ne se vérifie pas toujours. Les mois d’avril 2011, 2007 ou encore 1949, 1947 et 1945 l’ont largement prouvé avec des périodes de chaleur franchement estivale. Un mois qui peut aussi parfois hivernal, à l’image du plus froid en 1837, 1986 ou la première décade d'avril 2013.

Sur ces derniers siècles, depuis la fin du 17e siècle et des premiers relevés météo parisiens, le mois d’avril le plus froid s’est produit en 1837 avec une moyenne de 5,7 degrés à Paris. Le plus chaud est récent avec 16,3 degrés en 2007, soit plus de 10 degrés d’écart entre les deux extrêmes. A noter toutefois qu’outre le réchauffement climatique moderne, la station de Paris connait un réchauffement urbain galopant depuis des décennies, toujours plus intense au fil des années au gré du développement de l’agglomération et ses 10 millions d’habitants. 

Avril 1837 vs avril 2007

Avec une moyenne de 5,7 degrés, avril 1837 a été plus froid que de nombreux mois d’hiver. Les suivants furent ceux de 1809 (6,5 degrés), 1838 (6,7 degrés), 1917 (6,9 degrés), 1799 (7,0 degrés), 1701 (7,1 degrés)… Celui de 1986 (8,1 degrés) se place en 22e position, et ce malgré l’important réchauffement urbain. Il aurait été au moins 1 degré plus froid sans cela. 

A noter que la moyenne des températures minimales mensuelles record appartient à 1701 avec seulement 1,6 degrés. Les maximales moyennes les plus basses mensuelles datent d’avril 1837 avec 8,7 degrés seulement.

Le record de froid date d’avril 1879 avec -3,5 degrés et le maximum le plus bas de 0,9 degré en 1837. En avril 1688, le thermomètre a atteint 16,1 degrés seulement au plus « chaud » du mois ! Les nuits les plus « douces » des mois d’avril 1700 et 1817 n’ont pas dépassé 6,2 degrés.

Enfin, les mois d’avril 1701 et 1837 ont connu 9 jours de gelée dans la capitale, chiffre record. 

A l’opposé, on retrouve donc avril 2007 et ses 16,3 degrés de moyenne à Paris (environ 1,5 degrés de réchauffement urbain). Avril 2007 est suivi d’avril 2011 (16,2 degrés), 1865 (14,6 degrés), 1893 (14,4 degrés), 1762 (13,8 degrés), 2014 (13,8 degrés), 1961 (13,7 degrés)… A noter 3 mois d’avril des années 2010 parmi les 25 plus chauds, mais 4 des années 40 dans ce même classement, malgré une effet urbain un peu moins marqué qu’aujourd’hui. 

C’est en 2011 que la température minimale moyenne mensuelle a été la plus élevée : 10,7 degrés. 2007 détient le record de température maximale moyenne avec 21,9 degrés.

Le record de chaleur est toujours détenu par avril 1949 et ses 30,2 degrés. Ce mois d’avril a compté deux jours à plus de 30 degrés, événement isolé, ne s’étant pas produit avant, ni après.

La nuit la plus douce date d’avril 1703 avec 17,5 degrés. En 2014, l’après-midi la plus fraîche était de 15,0 degrés, valeur la plus élevée depuis 1667. Et en 1961, le thermomètre n’est jamais descendu sous 6,6 degrés, « record de froid » ce mois-là…

D’autre chiffres extrêmes : 10 jours de chaleur (plus de 25 degrés) en 2007 et 22 jours au-dessus de 20 degrés de maxi en 1893. 

La décennie la plus remarquable en terme de mois d’avril chauds est celle des années 40, avec des pics et vagues de chaleur très marquées pour la saison en 1943, 1945, 1946, 1947 et 1949. La décennie 2001-2010 a été un peu plus chaude, mais avec un réchauffement urbain plus important et une hausse moins rapide d'une décennie à l'autre.

Sur les jours les plus chauds, après avril 1949 et ses 30,2 degrés, suivent avril 1840 (29,6 degrés), 1934 (29,5 degrés), 1841 (29,2 degrés), 1945 (29,1 degrés), 1955 (28,6 degrés), 1874 (28,3 degrés) et enfin (ou seulement) 2007 (28,3 degrés), qui ne se place qu’en huitième position. 

Si les mois d’avril semblent s’être considérablement réchauffés depuis 15 ans, et c’est une réalité, c’est surtout parce qu’ils s’étaient anormalement refroidis entre 1950 et 2000, une longue période d’environ 50 ans d’avrils particulièrement frais pour ne pas dire froids, les plus froids depuis au moins 1893, avec un pic sur la période 1962-1991.  

A noter enfin des extrêmes de précipitations de 0,3 mm en avril 1893 pour le plus sec et 136,8 mm en avril 1993 pour le plus arrosé, pile-poil cent ans plus tard ! 

L’ensoleillement a varié entre 90 heures seulement en 1998 et 313 heures en 2007. 

Tantôt hivernal, tantôt estival, avril peut voir défiler les quatre saisons en parfois quelques jours, comme début avril 1989 : lourd et orageux comme en été le 1er, avant deux journées automnales les 2 et 3 sous la grisaille et la pluie, et franchement hivernal le 4 avec ses 3 cm de neige et pas plus de 3 degrés dans la capitale !

Chiffres et données provenant du site Météo Climat

- Frédéric Decker, Lameteo.org -

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