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Ouragan OPHELIA, phénomène presque inédit dans l'ère de la météorologie moderne

Défiant toutes les lois (ou presque) météorologiques, le cyclone OPHELIA a temporairement atteint le stade de cyclone de catégorie 3 le samedi 14 octobre 2017 dans l'est de l'océan Atlantique, au voisinage des Açores. Un événement "inédit" dans l'ère satellitaire de la météo, depuis 1959.

Les météorologues du monde entier ont les yeux rivés sur OPHELIA depuis quelques jours, tempête tropicale devenue cyclone de catégorie 1, puis 2 puis 3 le samedi 14 octobre 2017 alors qu'il circulait à quelques centaines de kilomètres des Açores, sans inquiéter l'archipel où seule une houle cyclonique assez importante déferlait.

Le cyclone OPHELIA circule à présent au-dessus d'eaux beaucoup plus froides, empêchant son alimentation en vapeur d'eau et en air chaud. Il va donc continuer à s'affaiblir et perdra ses caractéristiques tropicales. OPHELIA atteindra l'Irlande lundi sous forme de tempête extra-tropicale violente, avec des rafales de vent dépassant parfois les 150 km/h, faisant d'OPHELIA l'une des tempêtes les plus violentes de ces 50 dernières années sur le pays, événement comparable à la tempête KATIA, restes du cyclone du même nom, qui a sévi sur l'Ecosse en septembre 2011.

A 17 heures à Paris ce dimanche, OPHELIA provoque encore des vents de 150 km/h au plus près de l'oeil et des rafales plus fortes. La pression en son centre atteint 973 hPa. Pour mémoire, les tempêtes à coeur froid (non tropicales) d'octobre 1987 et décembre 1999 chutaient à 960 hPa en pression atmosphérique avec des vents du même ordre qu'OPHELIA actuellement.

Malgré la perte de ses caractéristiques tropicales, la tempête OPHELIA provoquera des vents potentiellement destructeurs sur le sud de l'Irlande et des pluies très abondantes, faisant craindre non seulement des dégâts dus aux fortes rafales de vent, mais aussi des inondations en raison des pluies intenses ainsi que des risques de submersions marines. Les bourrasques pourront culminer autour de 150 km/h localement, et souvent autour de 110 à 140 km/h.

L'absence de données fiables avant 1959 et le premier satellite météo nous prive d'archives, permettant d'infirmer ou non le côté "inédit" d'OPHELIA, ce qui est le cas toutefois sur ces 58 dernières années. Il s'agit en tous cas du sixième ouragan de grande ampleur cette saison sur l'Atlantique Nord, comme ce fut le cas à la même date (15 octobre) en 1933, 1961, 1964 et la dernière fois en 2004.

Des restes de cyclones ou tempêtes extra-tropicales atteignent les côtes européennes deux à trois fois par décennie, phénomène donc connu et non exceptionnel. Si OPHELIA avait conservé le niveau cyclone jusqu'à toucher terre, cela aurait été une première. Il faut rappeler qu'en 2005, la tempête tropicale VINCE a touché terre sur le sud du Portugal et de l'Espagne en conservant temporairement ses caractéristiques tropicales. En 1961, l'ouragan DEBBIE a bien failli toucher... l'Irlande, mais il avait perdu ses caractéristiques tropicales quelques centaines de kilomètres avant. La tempête extra-tropicale fut toutefois extrême avec des rafales proches de 200 km/h !

- Frédéric Decker, Lameteo.org - Dimanche 15 octobre 2017 -

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