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Cyclones Irma, Jose, Katia... Un emballement du réchauffement climatique ?

Le cyclone de catégorie 5 "Irma" est l'un des plus violents sur l'Atlantique Nord depuis la seconde guerre mondiale. Il a ravagé à plus de 90% Saint-Martin et dans une moindre mesure Saint-Barthélémy. Le cyclone de catégorie 1 "Jose" suit de près. Il devrait effleurer l'extrême nord des petites Antilles avec des conséquences non négligeables. Enfin, le cyclone de catégorie 1 "Katia" sévit dans l'ouest du Golfe du Mexique. Une activité cyclonique particulièrement marquée, plus vue depuis plusieurs années dans le bassin Atlantique. Un signe ou une retombée d'un emballement du réchauffement climatique ?

Après avoir très durement frappé le nord des Antilles mercredi, et plus particulièrement Saint-Martin et Saint-Barthélémy, le puissant cyclone "Irma" poursuit sa route vers l'ouest-nord-ouest à la vitesse de 28 km/h. Avec une pression de 921 hPa en son centre, il a très légèrement faibli ces dernières heures, mais génère encore des rafales proches de 300 km/h. A 14h heure de Paris, il se situe à 180 km à l'ouest de Punta Cana. Il aura des effets encore dévastateurs sur les îles Turks et Caicos, le nord de Porto Rico et d'Haïti, dans une moindre mesure le nord-est de Cuba de Matanzas à Guantanamo. Il menacera également le sud des Bahamas, notamment Long Island et Crooked Island. Il atteindra la Floride en fin de semaine, sans doute encore très puissant, de catégorie 4.

Le cyclone Jose suit de près. De catégorie 1, il a tendance à se renforcer et pourrait gagner la catégorie 2 voire 3. Il semble prendre une direction nord-ouest, épargnant ainsi la majeure partie des Antilles, à l'exception des îles les plus au nord, déjà touchées par Irma. Des conditions tempétueuses à cycloniques seront à nouveau à craindre malheureusement cette fin de semaine.

Enfin, le cyclone de catégorie 1 "Katia" sévit sur l'ouest du Golfe du Mexique. Il devrait touché l'est du Mexique avec des très fortes précipitations et des vents cycloniques.

Une question se pose : le réchauffement moderne a-t'il une influence sur le nombre de cyclones et sur leur intensité ?

Concernant le nombre de phénomènes cycloniques à travers le monde, pas de doute, il est très stable, avec des variations inter annuelles et régionales s'inscrivant dans la variabilité naturelle du climat terrestre. Si le nombre de typhons semble augmenter dans le Pacifique, les ouragans de l'Atlantique sont assez stables en fréquence voire en légère baisse et les cyclones de l'océans indiens ont tendance à se raréfier, notamment sur le sud du bassin (Mascareignes dont l'île de La Réunion). 

Ces dernières années ont été très calmes dans le bassin Atlantique du fait du phénomène El Nino qui a tendance à annihiler leur formation dans cette portion du monde, et d'un taux de particules de sable plus élevés qu'habituellement suite à des tempêtes de sable plus fréquentes d'en temps normal du Sahara vers l'océan Atlantique, réduisant ainsi le réchauffement des eaux de surface par effet "écran". La variabilité naturelle fait le reste cette année avec une hausse du nombre de phénomènes, favorisée par un océan très chaud dans la zone tropicale et une atmosphère plus limpide que ces dernières années, débarrassée des particules de sable.

La réponse est plus délicate concernant la violence des phénomènes : dans un monde plus chaud comme aujourd'hui après 40 ans de réchauffement quasiment continu, l'air contient davantage de vapeur d'eau, donc potentiellement plus d'énergie, simple principe physique. En conséquence, les phénomènes de type "tempêtes" et "cyclones" peuvent emmagasiner davantage d'énergie dans un air chaud et au-dessus d'océans plus chauds également, décuplant ainsi leur violence. Avec toutes les réserves et le recul nécessaire, la réponse est donc probablement OUI, la violence des phénomènes cycloniques a tendance à augmenter. A noter toutefois que le climat terrestre s'est à peine réchauffé depuis 1998 (+0,03 degré par en en moyenne de 98 à 2016) en dehors des années 2015 et 2016 réchauffées par El Nino (et dans une moindre mesure le premier semestre 2017). Ce phénomène de "plateau" inattendu par les modèles climatiques peut perdurer dans les prochaines années, n'aggravant pas la situation. Mais les inconnues restent nombreuses dans l'évolution climatique future. Une reprise du réchauffement, toujours d'actualité chez le GIEC, pourrait amplifier les phénomènes violents. Mais rien n'est certain...

A noter que c'est l'année 2005 qui détient le record du nombre de phénomènes tropicaux au-dessus de l'Atlantique avec 15 cyclones dont 7 majeurs (8 cyclones majeurs toutefois en 1950, année record) et 28 phénomènes nommés (tempêtes tropicales + cyclones). Suit 1934 avec 21 phénomènes nommés, puis à égalité 1887, 1995, 2010 et 2012 avec 19 phénomènes, sachant que les chiffres antérieurs à 1959 sont sous-estimés en l'absence de surveillance satellite comme c'est le cas depuis 1959, date de lancement du premier satellite météo.

-> IRMA Solidarité Antilles

- Frédéric Decker, Lameteo.org - Jeudi 7 septembre 2017 -

 

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