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Bilan climatique de juin 2017 en France

La canicule a bien sûr été l'événement météo du mois, assez courte mais particulièrement précoce et intense. La dernière canicule à cette même période date de juin 2005, toute aussi précoce, moins intense mais plus durable. Un mois de juin très chaud mais pas le plus chaud, et ensoleillé.

La chaleur a été omniprésente quasiment tout le mois. Deux périodes plus fraîches se sont dessinées, du 3 au 7 et les trois derniers jours du mois. La canicule, quand à elle, s'est manifestée du 19 au 22, faisant tomber des records mensuels de chaleur, aussi bien sur les températures minimales que maximales, sur de nombreuses régions, avec un pic à 38.2 degrés à Saint-Maur, dans le Val de Marne, et 40.0 degrés à Monclus dans le Gard. A Toulouse Francazal, le maximum a été atteint le 22 avec 38.4 degrés. Le minimum absolu revient à Charleville-Mézières pour les stations de basse altitude avec 4.7 degrés le 13.

Avec une moyenne nationale de 20.4 degrés, calculée sur plus de 170 stations météo, juin 2017 est le deuxième plus chaud depuis 1946, assez loin derrière juin 2003 toutefois et ses 21.5 degrés. L'excédent atteint 2.6 degrés. Il s'agit des deux seuls mois de juin à avoir atteint ou dépassé le seuil des 20 degrés.

Sur ce premier semestre, la température moyenne nationale est de 11.62 degrés pour une normale de 10.40 degrés. Il s'agit de la troisième valeur la plus élevée depuis 1946 derrière les 12.23 degrés de 2007 et les 11.78 degrés de 2014, et ce malgré un mois de janvier très froid (2.1 degrés de déficit).

Bien ensoleillé

L'astre du jour a brillé très généreusement en juin : 272 heures de moyenne nationale pour une normale de 233 heures, soit 17% d'excédent. Un chiffre élevé, mais pas exceptionnel ; en 1976, le soleil avait brillé 330 heures en moyenne sur l'hexagone !

La deuxième décade a été la plus ensoleillée, et de loin. La première décade et les derniers jours du mois ont été en effet plus sombres. Les extrêmes d'ensoleillement sont 165 heures à Biarritz et 372 heures à Calvi.

Sur le premier semestre, le soleil a brillé 1117 heures en moyenne sur le pays, largement plus que la normale de 977 heures. Ce chiffre a été dépassé trois fois depuis 1946 : 1135 heures au premier semestre 1959, 1164 heures en 1949 et 1200 heures en 1976. 1989 est exactement au même niveau que cette année. Sur l'année glissante juillet 2016 à juin 2017, l'ensoleillement cumulé atteint 2213 heures en moyenne nationale pour une normale de 1979 heures. Depuis 1946, quatre années "à cheval" (juillet à juin) ont fait mieux : juillet 75 à juin 76 (2230 heures), juillet 1989 à juin 1990 (2232 heures), juillet 1959 à juin 1960 (2233 heures) et juillet 1949 à juin 1950 (2235 heures).

Précipitations dans les clous

Les passages orageux du début du mois et de fin de canicule puis l'instabilité de toute fin de mois ont permis de maintenir des précipitations dans les normes : la France a reçu 54 mm d'eau en moyenne nationale pour une normale de... 54 mm. Le compte est bon ! Avec toutefois d'importantes disparités en fonction des orages. L'extrême nord a encore reçu très peu d'eau, tout comme les rivages méditerranéens, alors que le sud-ouest a été bien arrosé.

Aurillac détient le record du mois en forte quantité de précipitations : 183 mm. A l'inverse, le Cap Corse, Hyères et Toulon font jeu égal en queue de peloton avec 0.6 mm seulement.

Sur ce premier semestre, la France a reçu 305 mm de précipitations, loin derrière la normale qui s'élève à 363 mm. Mais loin devant le record de sécheresse du premier semestre 1976 et ses 202 petits millimètres. Huit autres années ont connu un premier semestre plus sec que 2017 qui se situe donc en 10e position depuis 1946. Sur l'année glissante de juillet 2016 à juin 2017, il n'est tombé que 567 mm de précipitations, deuxième valeur la plus basse derrière 1948-49 et 558 mm, et donc devant 1988-89 (583 mm) et 1975-76 (579 mm).

Un vrai mois d'été : chaud, ensoleillé mais normalement arrosé. Toutefois, la sécheresse reste d'actualité, bien installée depuis un an maintenant. De plus, l'ensoleillement et les fortes chaleurs ont contribué à augmenter très largement l'évapotranspiration potentielle (transpiration des plantes) et à assécher les sols en surface. L'été s'annonce bien difficile en terme de gestion de l'eau qu'il faudra chercher à économiser. Espérons un automne et un hiver pluvieux pour recharger convenablement les nappes d'eau souterraines.

- Frédéric Decker, Lameteo.org - Mardi 4 juillet 2017 - Photo d'illustration (C) Libération

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