News

2016, année la plus chaude sur Terre depuis 1880... Mais...

C'était annoncé, l'année 2016 détrône 2015 de son titre d'année la plus chaude sur Terre depuis le début des mesures météo fiables en 1880. De très peu toutefois, d'un cheveu ! La fin d'année plus fraîche a bien failli faire capoter ce record.

La température moyenne mondiale s'élève très précisément à 14,796 degrés en 2016 selon les données collectées par l'institut américain NOAA. Une valeur à peine supérieure à 2015 qui est 14,758 degrés. Soit 0,038 degré de plus seulement. L'écart devait être plus important pourtant en raison du phénomène El Niño qui a fait tomber tous les records mensuels durant huit mois consécutifs entre janvier et août. Malgré cette omniprésence de la chaleur, l'écart est donc très réduit. La faute à la Niña qui s'est rapidement mise en place durant l'automne 2016. Bien que modérée, cette dernière a suffi à abaisser la température de surface du Pacifique équatorial, et par la même le thermostat mondial.

El Niño 1982-83 avait permis à 1983 de battre 1982 de 0,160 degré. Celui de 1997-98 avait permis à 1998 de battre 1997 de 0,115 degré. L'écart entre 2016 et 2015 est étonnamment faible malgré une anomalie marquée sur le Pacifique, bien qu'ayant des retombées plus atypiques qu'habituellement, notamment sur les Amériques.

Sur l'année 2016, l'excédent thermique mondial reste un chouia sous le seuil des 1 degré avec 0,938 degré d'excédent. Ce seuil fatidique de 1 degré d'excédent par rapport à la moyenne du 20e siècle aura été atteint ou légèrement dépassé durant cinq mois consécutifs, de décembre 2015 à avril 2016.

Quid de la Niña ? Avec une anomalie négative très régulière de 0,8 degré durant les trois mois d'automne 2016, les chiffres définitifs de décembre n'étant pas encore tombés, elle est un peu plus forte qu'à l'automne 1983 (entre -0,3 et -0,8 degré), mais plus faible qu'en 1998 (-1,2 à -1,3 degrés). Les modèles climatiques indiquent une fin du phénomène au printemps 2017, avant une reprise probable à la fin de l'été, potentiellement plus durable cette fois-ci jusqu'au printemps 2018 au moins. Cette projection se rapproche des conditions observées durant l'année 1984, avec une sortie de la Niña dès février avant son retour en octobre 1984 jusqu'en juin 1985. Si la Niña a tendance à rafraichir l'atmosphère terrestre et à avoir des retombées sur certaines parties de notre planète, ce n'est pas le cas en Europe où ses effets sont quasiment nuls. Le froid actuel sur le vieux continent ne peut pas être attribué à ce phénomène se produisant aux antipodes.

Par conséquent, les années 2017 et 2018 ne devraient plus battre de records de chaleur à l'échelon mondial, peut-être même 2019. Une pause plutôt bienvenue dans le contexte de réchauffement climatique qui inquiète tant.

- Frédéric Decker, Lameteo.org - Mercredi 18 janvier 2017 -