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Chasse à l'orage dans l'Orléanais...



Jeudi 26 juin 2003 - 03h47 du matin

Je rentre tout juste d'une chasse impressionnante dans les alentours d'Orléans. Comme cela n'avait pas été prévu par les prévisionnistes, on a eu droit a des orages carabines ce soir.

Apres avoir surveille la situ tout l'après-midi, je commençais a me douter de quelque chose vers 18h, lorsqu'au lieu de prendre une direction franche de N-E, les cellules orageuses de Bretagne et Normandie ont pris le cap sur l'Est, puis le S-E. Au fur et à mesure que le temps passait, je commençais à apercevoir l'enclume de ce paquet orageux en direction du N-W d'Orléans. Ayant convié des amies à prendre l'apéro à la maison, je n'allais pas les décommander à la dernière minute. Nous étions installes dehors et le ciel s'assombrissait au fur et à mesure que le temps passait. Ca a commencé avec les débordements de l'enclume, puis l'apparition d'altocumulus castellanus; ensuite vinrent les congestus et finalement les mammatus s'installèrent. Nul doute qu'il se passait déjà quelque chose à plusieurs dizaines de km d'ici, et d'instinct je me suis dit qu'il y allait y avoir du sport (non, pas avec les copines, rate). Elles décidèrent de partir quand les premiers roulements de tonnerre se firent entendre au loin. Il était environ 21h30. Peu de temps après, je saute sur le computer, regarde la situation sur Infoclimat, puis, l'orage s'approchant j'écris une obs. et je dégage.

Mon premier réflexe sera d'aller la ou ça pète le plus, vers le N-W. Je prends la route de Châteaudun, et au loin les flashes crépitaient, pire que pendant le festival de Cannes! Arrivé sur le plateau de Beauce, je vois qu'une autre cellule arrivée à maturité commence à être en forme vers le S-W d'Orléans. Qu'à cela ne tienne je trace quand même vers la première. Manque de bol, au niveau de la base aérienne de Bricy, après quelques coups de foudre magistraux et très impressionnants (j'en avais que très rarement vu d'aussi intenses et ramifies), la cellule crève. Pas grave me dis-je, de toute façon je suis cerne par des Cumulonimbus du N au S, en passant par l'ouest; je trouverai bien mon compte.

A St-Peravy-la-Colombe, direction Patay, bled après lequel je me cale sur un chemin de tracteur à la bordure d'un champ pour attaquer quelques photos. Vers le S et le S-W, ça crépitait sans cesse et les cellules de l'ouest, un peu fatiguées, ne donnaient plus que quelques éclairs sporadiques, mais puissants. En direction du S, c'était Sarajevo. Je m'explique: des flashes sans un arrêt avec un grondement permanent, comme s'il y avait la guerre à l'ouest d'Orléans! Depuis le début, je m'étais mis assez loin, pensant que les cellules allaient se diriger vers moi à la vue de la forme de leurs enclumes. Que dalle! Elles faisaient presque du surplace a 20-25 km. au S. A 23h-23h30, je me décide à plier les gaules et de prendre la direction plein S, sur la Sologne, terre de prédilection pour l'alimentation et le développement d'orages violents.

Je fis un plein a Meung-sur-Loire et j'en profitai pour faire un point. Alors que la première cellule 'sarajevienne' se décalait lentement vers l'E-S-E, d'autres arrivaient de l'W-N-W. Ni une, ni deux, je traverse la Loire et prends la direction de Lailly-en-Val. Avant ce patelin, je fais un stop a Dry pour quelques photos. Deux cellules me font face et ça bastonnait dur a l'intérieur. A noter, depuis le départ, je n'ai pratiquement pas eu une goutte de pluie. Et c'est là qu'il se met a pleuvoir. Pensant que la pluie se met a tomber, ça craint pour faire des photos, je remonte en voiture et continue vers Lailly-en-Val, puis bifurque pour tracer à Jouy-le-Potier pour devancer les cellules. Sur la route la pluie s'est intensifiée et la visibilité s'est réduite à cause des nappes de brumes créées par l'évaporation de l'eau sur la route chauffée pendant toute la journée.

Arrive à Jouy-le-Potier, l'orage commence à devenir vraiment costaud, avec pas mal de vent et des petits grêlons. Ma grand-mère habitant entre Jouy-le-Potier et Ligny-le-Ribault, je décide d'aller squatter de ce côté-là, comme ça, en cas de coup dur j'aurai un toit. Sur la petite route qui mène a sa maison, les fosses se remplissaient et heureusement elle habite légèrement en hauteur. Loin de moi l'idée de la réveiller, il est 00h30. Je stationne devant chez elle, et c'est à ce moment que les deux cellules fusionnent et me donnent un spectacle tout simplement éblouissant (c'est le cas de le dire).

Le plafond est très bas, environ 1000m. Et c'est un bombardement d'éclairs incessant qui va durer 1h qui va se mettre en place juste au-dessus de moi, pile. Un truc de malade! Il a fait jour presque sans interruption pendant tout ce temps! A noter, très peu de coups de foudre, mais à la place, des éclairs intra- et inter-nuageux. J'étais aux anges, mais j'avais un mal de crâne terrible (rapport avec l'activité électrique?), et même si j'avais quand même un peu les petoches de me prendre la foudre, je faisais super gaffe. De toute manière, pas moyen de mettre le nez dehors, avec tout ce qui dégringolait... Impossible aussi de faire des photos. Ça pétait dans tous les sens, j'étais en-dessous, donc pas moyen de braquer l'appareil dans aucune direction. Trop balaise.

Lorsque le festival s'est calmé et que la cellule s'est remise en route vers l'E-S-E, je décidais d'en faire autant, mais en direction du N. Il est maintenant 1h30, je commence a être fatigué et en plus elle perd de l'activité. Sur la route qui me menait a Orléans, via Ardon, je décide de faire une pause devant le camp militaire d'Olivet pour scruter le ciel.

Il ne pleut plus et je peux maintenant distinguer l'arrière de la cellule. Je ressors l'appareil pour refaire des photos des magnifiques éclairs qui illuminent l'enclume et le reste du nuage. Alors que j'arrive a la fin du rouleau avec la satisfaction du devoir accompli, l'orage regagne en puissance. J'avais des pelloches de rechange et de l'essence dans le réservoir, mais plus la force de continuer à le traquer. C'était la seul cellule survivante. Le reste du ciel n'était plus que coins de ciel clair, Cu congestus en voie de disparition et restes d'enclumes...

Il est maintenant 2h. Je suis fatigue et après 4h de traque, j'estime qu'il est temps d'aller 'mettre la viande dans le sac'. Après une dernière révérence à cette dernière cellule, 7ieme et dernière de celles que j'ai chassé, je repars heureux. Sur la route, je la vois qui s'éloigne tout en perdant de l'intensité.

Ce que je retiens de cette chasse, c'est que de mémoire d'Orléanais, je n'avais jamais vu d'orages avec une telle intensité électrique! C'était purement incroyable! Un autre point à souligner est aussi le fait que la grande majorité des éclairs que j'ai vu pendant ma 'balade' (à un rythme assez sportif tout de même) étaient intra- ou inter-nuageux. Très peu de coups de foudre au sol. Après les 'ratés' de ce début de saison, j'ai été impressionné par la qualité de ce spectacle. Cellules se déplaçant très lentement donc facile a suivre. Je n'ai pas eu le temps de dîner. Maintenant j'ai la dalle, mais je ne reste pas sur ma faim (hahaha...).


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