On les appelle
“monstres blancs” ou “morts blanches”... Les
avalanches sont à la fois destructrices et meurtrières,
qu’elles se déclenchent de façon naturelle ou
accidentelle. Il existe plusieurs sortes d’avalanches comme nous
allons le découvrir.
Une avalanche
est une masse de neige plus ou moins importante qui se détache
et dévale le versant d’une montagne. Le manteau neigeux
est en effet en équilibre plus ou moins stable sur une pente. Si
cet équilibre est rompu pour une raison ou une autre,
c’est l’avalanche. Il existe donc plusieurs types
d’avalanches : l’avalanche de neige récente lorsque
la neige mise en mouvement a peu évolué, qu’elle
soit humide ou sèche. Sa masse est souvent inférieure
à 200 kg. Les avalanches spontanées se produisent pendant
ou après les chutes de neige, alors que le risque de
déclenchement par les skieurs peut persister plusieurs jours.
Ces avalanches se produisent soit par un départ ponctuel, soit
par une cassure de glace. Dans le cas d’un départ
ponctuel, l’avalanche s’élargit vers l’aval.
L’avalanche de plaque dure est moins difficile à
déceler que les plaques friables. Les plaques dures sont
généralement très dangereuses pour les skieurs.
Les cassures, toujours très nettes, se propagent rapidement
suivant une ligne brisée. Les zones d’écoulement et
d’arrêt de ces avalanches sont parsemées de blocs
tabulaire de neige dure.
L’avalanche de neige humide ou de fonte est directement
liée à la présence d’eau liquide. La neige
mouillée a une masse de 350 à 500 kg en moyenne. Ces
avalanches se produisent au cours de réchauffements importants.
Les plus typiques des avalanches de neige humide sont les avalanches de
printemps qui ont lieu sur les pentes bien ensoleillées. Les
vitesses sont relativement faibles, de 20 à 60 km/h.
La stabilité du manteau neigeux varie en fonction de son
évolution. En effet, dès que la neige se dépose
sur le sol, elle commence à se transformer selon une suite de
phénomènes physiques en relation avec les conditions
météorologiques. Le manteau neigeux peut devenir stable
ou instable, ce qui peut dans ce cas provoquer des avalanches ou
faciliter leur déclenchement. Grâce à plusieurs
centaines de postes d’observations situés en altitude de
1500 à 3000 mètres, les météorologistes
accèdent aux mesures de surface de la neige.
L’échelle du risque d’avalanche s’étend
de 1 (faible) à 5 (très fort) en passant par 2
(limité), 3 (marqué) et 4 (fort).
A savoir : l’ensevelissement sous une avalanche entraîne de
nombreux types de lésions responsables de poly traumatismes, de
compressions prolongées, d’état d’asphyxie et
d’hypothermie. Compte tenu de la gravité des
lésions, les secours doivent bénéficier
d’une médicalisation précoce sur les lieux
mêmes de l’accident (hélicoptère,
médecin réanimateur). Durant l’attente, les groupes
autonomes doivent mettre en pratique leurs connaissances des
“gestes simples qui sauvent”. Ainsi, s’il est
indispensable pour sa propre sécurité que chaque
randonneur soit équipé d’une pelle et d’un
Arva (Appareil de Recherche des Victimes d’avalanche, petit
émetteur-récepteur dont chaque membre d’une
équipe doit être muni), il est tout aussi important
qu’il sache utiliser cet appareil pour secourir dans les
meilleurs délais un compagnon de course enseveli. La
probabilité de survie est de 93% pour une personne ensevelie
sous une avalanche durant 15 minutes. Mais entre 15 et 45 minutes
d’ensevelissement, cette probabilité de survie
décroît rapidement à 25%, puis à 10%
après deux heures car ceux des ensevelis qui ne disposent pas
d’une poche d’air meurent par asphyxie (il y a
également hypothermie).
Petites anecdotes...
Une avalanche peut
dévaler une pente à 100, 150 voire 200 km/h.
Une avalanche de poudreuse
forme ce que l’on appelle un aérosol de neige,
s’élevant et se dispersant facilement.
En 218 av. J-C, 18.000 hommes
auraient été victimes d’avalanches au cours de la
traversée des Alpes d’ouest en est par Hannibal et ses
troupes.
Les 2 et 3 décembre
1916, 10.000 soldats ont été tués par des
avalanches sur le front austro-italien.
Durant la guerre 1914/1918,
on estime à 80.000 le nombre de morts par avalanches.