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Les News
Vendredi 16 novembre 2001 :
Un appel à la prudence a été lancé sur l'ensemble du massif pyrénéen pour les prochaines 48 heures en raison d'un fort risque de déclenchement accidentel d'avalanches dû à d'importantes chutes de neige. L'appel à la prudence, notamment pour les adeptes du ski hors-pistes et les randonneurs, est pour l'instant valable jusqu'à samedi inclus. Les premières neiges sur le massif sont tombées le 8 novembre et il a beaucoup neigé depuis. Les hauteurs de neige, inhabituelles pour la saison, atteignent en moyenne 1 mètre à 1.800 m d'altitude, 30 cm à 1.000 m d'altitude et le secteur le plus touché est le département de l'Ariège où les quantités sont importantes dès les basses altitudes. Les risques d'avalanches par surcharge accidentelle vont rester forts pour les prochains jours au-dessus de 2.000 mètres.
Les travaux de déblaiement se poursuivaient jeudi dans le nord de l'Algérie, cinq jours après les inondations qui ont fait 701 morts, dont 654 pour la seule ville d'Alger. A Alger, d'après les registres tenus à la morgue du cimetière d'El Alia, on estimait à 200 le nombre de disparus, tandis que se multipliaient par voies d'affichage et de presse les avis de recherche. Les travaux de déblaiement, effectués par de gros engins de génie civil (bulldozers, tracto-pelles) se sont accélérés jeudi et sont entrés dans une phase finale, notamment dans le quartier de Bab El Oued. Les autorités estiment en effet qu'il n'y a plus aucune chance de retrouver des survivants sous la couche de boue solidifiée recouvrant des centaines de mètres de ruelles, et atteignant par endroit cinq mètres de hauteur. Plusieurs dizaines de milliers de tonnes de boue auraient déjà été déblayées. Les secouristes algériens, épaulés notamment par des équipes de sauveteurs français et marocains, bénéficiaient par ailleurs de l'assistance logistique de quelque 1.500 soldats, dont de nombreux étaient armés. La principale difficulté pour les sauveteurs consistait dans l'évacuation des centaines de tonnes de gravats et de boue séchée qui renferment encore certainement des cadavres. Au total, quelque 1.500 carcasses de véhicules emportés samedi par les flots ont déjà été évacuées. De nombreux habitants du quartier populaire de Bab El Oued, construit à flanc de colline à l'ouest d'Alger, déploraient encore jeudi l'absence des pouvoirs publics, notamment pour les questions de relogement, bien que la wilaya (préfecture) ait débloqué un fonds d'urgence de 10 MF, et alors que de nombreux sympathisants islamistes étaient eux-même à pied d'oeuvre pour secourir les victimes. 1.300 familles privées de leur logement étaient toujours provisoirement hébergées dans des écoles, des mosquées ou dans l'un des six centres mis en place pour les accueillir.
La montée des eaux due au réchauffement climatique va provoquer l'évacuation de l'archipel de Tuvalu, dont les habitants quitteront définitivement le petit Eden du Pacifique à partir de 2002. Les dirigeants de Tuvalu ont admis leur défaite dans la bataille contre la montée des eaux. La Nouvelle Zélande a accepté d'accueillir l'ensemble des 11.000 citoyens de Tuvalu, la migration devant débuter en 2002. Cet état de Micronésie est le premier pays que les gens sont forcés d'évacuer à cause de la montée des eaux, mais ce ne sera certainement pas le dernier. Après que l'Australie eut refusé d'accueillir les Tuvaluans, la Nouvelle Zélande a accepté l'ensemble de cette population. Mais qu'en sera-t-il des 311.000 personnes qui pourraient être forcées d'évacuer les Maldives?. Ou des millions d'autres qui vivent dans des pays peu élevés? Tuvalu a une superficie de 26 km carrés répartis sur neuf atolls. Funafati, capitale du pays située sur une île qui porte son nom, a subi une marée de printemps qui a atteint les 3,2 mètres alors qu'aucun endroit du territoire de Tuvalu n'est à plus de 4,5 mètres au dessus du niveau de la mer. En septembre, Tuvalu avait été admis à l'ONU, devenant le 189ème Etat membre. Anciennement Ellice Islands, l'archipel a fait partie d'un protectorat britannique pendant 86 ans avec les îles Gilbert. Après s'être séparé de ces dernières, Tuvalu est devenu indépendant en 1978.
Des vents violents ont bloqué des navires dans plusieurs ports de Scandinavie et les services de secours ont demandé aux personnes résidant dans le centre de la Suède de ne pas quitter leur logement. Le vent a soufflé à une vitesse de 126 km/h à Stekkenjokk, en Laponie suédoise, ce qui lui donnait la force d'un ouragan. Dans le sud-est du pays, les navires de plusieurs lignes de ferries ont du rester au port, comme ceux assurant la liaison avec l'île de Gotland, face aux pays baltes. Il en était de même sur la côte ouest où les ferries desservant les ports de Goeteborg et de Fredrikshamn, au Danemark, ont été obligés de rester à quai. Le ferry-catamaran rapide reliant le port suédois de Trelleborg (sud) à Rostock (Allemagne) n'a pas pu quitter la Suède. Les ferries danois reliant les ports de Gedser et Rostock sont également restés à quai. Des coupures de courant ont été enregistrés dans le nord de la Suède et des arbres se sont abattus sur des fils d'alimentation électriques des chemins de fer norvégiens, perturbant le trafic ferroviaire. Des chutes violentes de neige et de terre ont entrainé la fermeture de plusieurs routes nationales en Norvège et un glissement de terrain a bloqué la route européenne E14 près de Trondheim (centre) jusqu'à vendredi. Le vent devrait souffler moins fort vendredi, mais redeviendra violent samedi. Deux glaciologues ont réalisé une étude qui révèle que la calotte glaciaire du Groenland perd chaque année près de 42 centimètres en épaisseur, dans certaines régions du nord-ouest, situées en altitude. Le chercheur canadien, WSB Paterson, de Paterson Geophysics Inc., à Herriot Bay, en Colombie Britannique, et son homologue danois, Niels Reeh, de l'Université technique du Danemark, à Kongens Lyngby, ont effectué la comparaison entre des mesures prises par une expédition britannique entre 1952 et 1954 et des données enregistrées par l'altimètre radar du satellite européen European Remote Sensing en 1994 et 1995. Ils ont constaté que la calotte glaciaire de la région, qui se trouve au nord-ouest entre 1 500 et 2 500 m d'altitude, fond et perd entre 20 et 42 centimètres par an. Selon eux, le nord-est est épargné et a même tendance à s'épaissir, jusqu'à 10 centimètres annuellement. Les glaciologues publient leurs travaux dans la revue Nature de novembre. Ils espèrent maintenant découvrir comment la calotte glaciaire réagit face aux changements du climat, afin d'être en mesure d'anticiper les risques d'élévation du niveau des océans. 85 % de la surface du Groenland sont recouverts d'une calotte glaciaire, qui atteint plus de 3 000 mètres de profondeur en son sommet. Celle-ci a été formée au cours des différentes périodes de glaciation et par accumulation régulière de la neige. La calotte glaciaire du Groenland représente 10 % des réserves d 'eau douce de la planète. Si toute sa glace fondait, comme dans le cas d'un réchauffement de la planète, le niveau des mers du globe se trouverait rehaussé d'environ 6,5 mètres.
Jeudi 15 novembre 2001 :
Les secours s'organisent difficilement à Alger malgré l'aide internationale et des moyens locaux importants, en raison d'une forte demande des sinistrés, aggravée par des profiteurs n'hésitant pas à vouloir s'emparer d'une part de cette aide. Le bilan officiel des tragiques intempéries de samedi dernier, qui ont frappé le nord de l'Algérie, était toujours de 651 morts, dont 604 à Alger. Il devrait encore évoluer à la hausse, en raison de la découverte de nouveaux corps sortis toutes les heures des boues. Le quotidien El Watan affirmait jeudi que le nombre de disparus avait dépassé les 500. Le nombre de morts de cette catastrophe, sans précédent, pourrait dépasser le millier. Dans le quartier populaire de Bab el Oued, le plus durement touché de la capitale, déjà plus de 500 victimes ont été enregistrées. A ce bilan tragique, il faut ajouter quelque 1.500 familles sinistrées à Alger et 2.500 dans le reste du pays touché par les pluies diluviennes. Pour faire face à cette situation, le gouvernement, qui a décidé de reloger ces familles en débloquant 1.500 logements dans la région d'Alger, se trouve confronté à une demande dépassant très largement ces chiffres. En effet, des personnes essayent de profiter des cirsconstances pour trouver un logement dans ce pays où la pénurie dans ce domaine est criante. Cet afflux de demandes perturbe très fortement l'organisation des secours, suscitant la colère des vrais sinistrés, pour le moment sommairement abrités dans des écoles ou des mairies. Le ministre de l'Intérieur Yazid Zerhouni a affirmé que le pays avait les moyens de faire face à la situation, notamment grâce à l'aide internationale envoyée par de nombreux pays, dont le Maroc, les Emirats, la Tunisie, la Libye, la Turquie, la France, la Belgique ou encore l'Espagne et la Suisse. Les autorités de la wilaya (préfecture) d'Alger ont dénoncé les profiteurs qui n'hésitent pas à s'emparer de dons en se faisant passer pour des sinistrés et qui ensuite les revendent pour récolter de l'argent. Jeudi, le déblaiement et les recherches se poursuivaient activement avec les engins lourds pour évacuer les tonnes de boue encore incrustées dans Bab el Oued, alors que l'espoir de retrouver des survivants avait totalement disparu. Le risque d'épidémies, même si les autorités affirment contrôler totalemment la situation, reste présent en raison du nombre de corps en putréfaction, une semaine après la catastrophe, et doit être écarté. Pour cela, les gros engins sont entrés massivement en action mercredi afin d'accélérer les déblaiements. Toutefois, leur action sera difficile voire impossible dans certains secteurs où les ruelles et les cours de maisons sont très étroites. Dans ces secteurs, les recherches sont poursuivies par des sauveteurs équipés de pioches et de pelles.
La nationale 20 a été coupée à la circulation en raison de chutes de neige jeudi en milieu de matinée à partir de Tarascon-sur-Ariège, au sud de Foix, rendant impossible l'accès à Puymorens et en Andorre. La RN20 a été coupée à toute circulation, les conditions météorologiques étant très mauvaises. Par ailleurs, des difficultés de circulation sont signalées dans le secteur de Mazamet, au sud du Tarn, également dues à des chutes de neige. Venise se retrouve sous les eaux. La marée haute a atteint un niveau record pour l'année de 1,24 mètre. Près de 40 % du centre historique de la cité des Doges a été inondé. Depuis trois jours, le phénomène ne cesse de s'amplifier. Les passerelles en bois permettant normalement de se déplacer au sec, construites à 1,20 mètre du niveau de la mer, se sont retrouvées dans l'eau. Lundi, la marée était restée contenue à 95 centimètres avant de monter à 1,15 mètres mardi et d'atteindre le lendemain 1,24 mètres, le record pour 2001. Ce phénomène d'inondation saisonnier, résultant d'une forte marée combinée à un effet de vent qui pousse la mer dans la lagune, devrait, selon les experts, se reproduire jeudi.
Mercredi 14 novembre 2001 :
Quatre jours après les violentes inondations qui ont sinistré A1ger, les habitants du quartier de Bab El Oued continuaient mercredi de creuser les milliers de mètres cubes de boue solidifiée qui bloquent plusieurs kilomètres de ruelles de ce quartier populaire construit à flanc de colline dans l'ouest de la capitale. Au-dessus de la capitale algérienne, le ciel s'est couvert en début d'après-midi, faisant craindre une reprise des pluies. Les services météorologiques ont annoncé de nouvelles précipitations dans la soirée alors que plusieurs milliers d'habitants restent privés de leur logement et ont trouvé refuge chez des voisins ou dans des bâtiments publics. Alors que le bilan officiel fait état de près de 650 morts et d'une dizaine de disparus, 250 fiches de diparition sont présentes dans l'antenne de la Sécurité civile de la morgue du cimetière d'El Alia, à la sortie est d'Alger, où sont centralisées toutes les demandes de renseignements. Une certaine tension était perceptible mercredi matin dans les rues de Bab El Oued, de nombreux habitants exprimant ouvertement leur colère face à l'inefficacité voire l'absence totale des pouvoirs publics. Un grand nombre de militaires en armes étaient egalement diposés aux carrefours, tandis que d'autres soldats participaient aux travaux de déblaiement, assistés de leurs collègues de la Sécurite civile et de centaines de volontaires. Au cimetière d'El Alia, plusieurs milliers d'Algérois à la recherche d'un parent ou d'un proche disparu continuent de se relayer pour tenter d'identifier la cinquantaine de cadavres anonymes, souvent recouverts de boue séchée, qui ont été placés dans des cercueils en contreplaqué. Les cercueils des cadavres anonymes portent seulement la mention, libellée en français et à la craie, du sexe et de l'âge présumés des victimes.
La nature - de soudaines pluies torrentielles transformées par le relief exceptionnel du site en cascades mortelles - et l'homme - qui a laissé se développer un urbanisme anarchique et précaire et failli à l'entretien des système d'évacuation - ont combiné leurs forces ce week-end à Alger pour aboutir à une catastrophe. Trois jours après ce drame, sans précédent de mémoire collective algéroise, une lueur est venue ramener un peu d'espoir: deux personnes, une jeune femme et un adolescent handicapé ont eté retrouvés, mal en point, mais vivants. C'est Pif, un retriever brun de trois ans, qui a conduit son maître Abderrahmane Boumalite aux deux miraculés coincés, sous deux mètres de boue, dans les débris des étals du marché d'Oued Koriche, dans le quartier populeux de Bab-el-Oued, le plus touché. Selon un bilan officiel, 579 personnes sont mortes, dont 538 à Alger, et une dizaines d'autres sont officiellement portées disparues, mais la presse algéroise parle d'un bilan bien plus lourd, qui pourrait dépasser, selon des informations non encore confirmées citées par le très sérieux journal El Watan, le millier de morts. Les secouristes bénévoles qui continuent à fouiller la boue amassée à Bab-el-Oued réclament pelles et pioches pour tenter de sauver ou de récupérer les corps des nombreuses victimes encore ensevelies. Il est tombé dix centimètres d'eau en quelques heures sur cette capitale au site exceptionnel dont le relief en amphithéâtre s'est transformé en piège mortel facilitant l'écoulement le plus fou de flots mêlés de boue et de débris d'habitations précaires vers le bas de la ville et jusque dans la mer qui la borde.
Le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a décidé l'envoi d'aides aux sinistrés des inondations qui ont frappé le nord de l'Algérie le week-end dernier, causant plus du 500 morts et d'importants dégâts matériels. Cette décision a été prise lors d'une entrevue que le chef de l'Etat tunisien a eue mardi avec les ministres des Affaires sociales, Hédi M'henni, et de la Santé publique, Habib M'barek, et le président de l'Union tunisienne de solidarité sociale, Lassaad Ben Osman. Deux avions quitteront Tunis mercredi a destination d'Alger, chargés de médicaments, de couvertures et de produits alimentaires. Le président Ben Ali a réaffirmé à cette occasion "la compassion et la solidarité de la Tunisie avec l'Algérie soeur", soulignant "les liens profonds de fraternité établis entre les deux pays et les deux peuples". La Suisse enverra jeudi 40 tonnes de matériel de secours en Algérie, afin d'aider les victimes des intempéries à Alger et dans sa région, a annoncé mercredi à Berne la Direction suisse du Développement et de la coopération (DDC). Le matériel sera distribué sur place aux victimes par la Croix-Rouge suisse et le Croissant-Rouge algérien. Parallèlement, un coordinateur d'aide en cas de catastrophe du corps suisse d'aide humanitaire (CSA) s'est rendu à Alger afin de soutenir les oeuvres d'entraide suisses. Répondant à l'appel du gouvernement algérien, Berne souligne qu'il s'agit d'une première phase d'assistance d'un montant de 400.000 FS (272.000 EUR). Les inondations dans le nord de l'Algérie ont fait près de 600 morts. Jean Paul II a adressé mercredi un appel à la communauté internationale en faveur de l'Algérie frappée par des inondations meurtrières, lors de l'audience générale hebdomadaire au Vatican. En évoquant les inondations qui ont causé des centaines de victimes et qui ont laissé de très nombreuses familles sans abri, le pape a souhaité que la solidarité de tous les catholiques et le soutien concret de la communauté internationale soient assurés à ces frères. Il a exprimé sa solidarité personnelle aux familles et à tous ceux qui souffrent à cause de ce désastre. En s'adressant ensuite à un groupe de membres du Collège de défense de l'Otan intervenus à l'audience, le souverain pontife les a invités à considérer leur profession comme un noble service en faveur de la paix et du bien commun. La reconstruction du département de l'Aude, dévasté par des inondations dans la nuit du 12 au 13 novembre 1999, avance plus lentement que prévu et seule la moitié des travaux de remise en état des infrastructures a été réalisée deux ans après la catastrophe. Si 80% des opérations de remise en état, pour un montant de 98 millions d'euros (642 MF), ont été programmés, seule la moitié a été réalisée. Le préfet a expliqué ces retards par la lourdeur des procédures engagées pour la reconstruction des ponts, de la voirie ou des bâtiments publics et une pénurie d'entreprises provoquée par les tempêtes de décembre 1999 qui, vu les dégâts provoqués dans l'ensemble du pays, ont privé l'Aude du soutien des entreprises des régions voisines. L'association Aude Solidarité, chargée de centraliser les dons aux sinistrés, avait recueilli et redistribué en presque totalité une enveloppe de 4,85 millions d'euros (31,8 MF), offerte pour un tiers par les particuliers et deux-tiers par des collectivités. Les pluies torrentielles qui s'étaient déversées dans la nuit du 12 au 13 novembre sur l'Aude, le Tarn, les Pyrénées-Orientales et l'Hérault s'étaient soldées par un bilan de 34 morts et 1 disparu et causé pour plus de 300 millions d'euros (2 MdF) de dégâts.
Mardi 13 novembre 2001 :
Le bilan officiel des intempéries en Algérie était toujours mardi matin de 579 morts, dont 538 à Alger, mais des journaux évoquaient la possibilté d'un millier de victimes dans la capitale. Les sauveteurs ont poursuivi toute la nuit leurs recherches dans le quartier sinistré et pauvre de Bab el Oued, le plus plus durement touché dans la capitale. De nombreux secteurs de ce quartier, envahi samedi par d'énormes vagues de boues formées à la suite pluies diluviennes qui se sont abattues sur Alger, n'avaient pas encore été dégagés mardi. Il se pourrait que de nombreuses victimes soient encore ensevelies sous des tones de gravats et de débris. Les fouilles pourraient malheureusement se révéler dramatiques. Les quotidiens El Watan et l'Expression indiquent que le bilan pourait être d'un millier de victimes dans ce quartier. El Watan affirme notamment qu'une centaine de jeunes filles seraient ensevelies dans une ancienne église désaffectée submergée par la boue. Cette église avait été transformée en centre de formation pour la couture. Pour la première fois, le président Abdelaziz Bouteflika s'est rendu sur les lieux de la catastrophe à Bab el Oued où il a été accueilli par des centaines de jeunes en colère criant des slogans hostiles au pouvoir. Ces jeunes de ce quartier, qui est un fief des islamistes, ont scandé Allah Akbar (Dieu est le plus grand) et le nom du terroriste présumé auteur des attentats antiaméricains du 11 septembre. Ces jeunes se sont répandus lundi dans soirée en groupes de manifestants sillonnant les principals artères d'Alger aux cris de pouvoir assassin et Bab el Oued chouhada (martyrs). La presse s'est montrée critique vis-à-vis du chef de l'Etat qui a mis trois jours pour se rendre sur les lieux de la catastrophe. Des journaux parlent d'"une sortie ratée" du président "hué" à Bab el Oued.
Le typhon Lingling, qui a touché lundi le centre du Vietnam avant de perdre de sa puissance, a fait 18 morts et une soixantaine de blessés dans les provinces côtières. Onze de ces victimes ont été recensées dans la province côtière de Phu Yen, la plus touchée, où quelque 20.000 habitations ont été totalement ou partiellement détruites. Des infrastructures de base des deux provinces de Phu Yen et Binh Dinh ont été également endommagées. Le typhon a perdu de sa puissance et pratiquement disparu en atteignant les provinces des Hauts-Plateaux du centre du Vietnam, mais il continuait mardi à provoquer des précipitations sur la région. Lingling avait touché dans la nuit de mardi à mercredi dernier le sud des Philippines, causant des glissements de terrain et des inondations subites qui avaient surpris les habitants dans leur sommeil, faisant 201 morts et 118 disparus.
Lundi 12 novembre 2001 :
575 personnes, dont 538 à Alger, sont mortes et 316 blessées dans les intempéries qui ont frappé vendredi et samedi l'Algérie. Le dernier bilan officiel et provisoire faisait état dimanche soir de 343 morts pour toute l'Algérie, dont 316 à Alger, et de plus de 300 blessés. Le nouveau bilan est arrêté lundi à midi (11H00 GMT). Les sauveteurs continuaient lundi la recherche de disparus. Ces recherches étaient concentrées dans le quartier populaire de Bab el Oued, à l'ouest de la capitale, où plus de 200 victimes ont été enregistrées. L'armée et les pompiers, fortement aidés par la population, s'efforçaient de dégager les victimes encore enfouies sous des tonnes de gravats et de boue qui se sont déversées samedi sur ce quartier pauvre, enchassé au pied d'une colline, à la suite de pluies diluviennes. Le chef de gouvernement algérien Ali Benflis avait parlé dimanche de plusieurs dizaines de disparus, avertissant ainsi que le bilan final était "appelé à augmenter". La mer continuait lundi matin à rejeter des corps emportés par les crues.
Le président de la Commission européenne, Romano Prodi, a donné lundi des "instructions précises" pour aider les victimes des intempéries en Algérie, qui ont fait au moins 575 morts. "C'est avec beaucoup de tristesse que j'ai appris la nouvelle des tragiques intempéries qui se sont abattues sur l'Algérie", a déclaré Romano Prodi dans un message de condoléances au président algérien AbdelazizBouteflika . Selon le porte-parole, des contacts ont déjà été pris par les services humanitaires de Bruxelles (ECHO) avec des organisations de secours pour venir à la rescousse des populations sinistrées. Dès que les besoins seront établis, ECHO apportera son assistance. Ces besoins devraient porter dans un premier temps sur la livraison de matériel d'épuration, d'eau potable et de médicaments.
Le roi Mohammed VI a décidé lundi d'envoyer une aide humanitaire d'urgence de son pays à l'Algérie frappée par des intempéries qui ont fait samedi 575 morts, dont 538 à Alger. Cette aide sera acheminée lundi en Algérie et remise aux autorités de ce pays par le Directeur du cabinet du souverain, Mohamed Rochdi Chraïbi et Mme Zoulikha Nasri, conseillère du roi et membre de la Fondation Mohammed V pour la solidarité. Ces deux personnes ont été aussi chargées de réitérer les condoléances et les sentiments de compassion du souverain et du peuple marocain aux autorités algériennes à la suite de ces tragiques intempéries. L'aide marocaine est composée notamment de 6,5 tonnes de médicaments, de 5500 couvertures ainsi que de 200 tentes d'une capacité globale de 1200 places. Elle a été offerte par le gouvernement et la Fondation Mohammed V pour la solidarité. Le Maroc a par ailleurs mis à la disposition de l'Algérie 30 éléments de la protection civile spécialisés dans les catastrophes naturelles. Une centaine de personnes, des couples et leurs enfants, ont été bloquées dans la nuit de dimanche à lundi dans une cinquantaine de voitures en raison de chute de pluie verglacée, transformée en congères, dans l'Hérault. Ce phénomène météorologique exceptionnel s'est déroulé sur une cinquantaine de kilomètres entre Saint-Pons-de-Thomières et Le Caylar, au nord de l'Hérault, sur une route départementale limitrophe avec l'Aveyron. Les véhicules ont dû être abandonnés et leurs occupants secourus par quelque 50 sapeurs-pompiers ont été regroupés dans des salles municipales mises à la disposition par les mairies de six communes concernées sur le trajet entre les deux villages. La plupart d'entre eux ont pu reprendre leur véhicule lundi matin. Ces chutes de pluie verglacée n'avaient pas été prévues par Météo France, selon les sapeurs-pompiers. Ils ont indiqué lundi que, sans neige, des pavés de verglas avaient formé des congères sur la route. Les intempéries qui se sont abattues au cours des cinq derniers jours en Espagne ont fait huit morts et provoqué d'importants dégâts, isolant de nombreux villages à travers tout le pays. Le temps s'est assagi lundi mais cette accalmie n'est que temporaire. Des responsables hospitaliers ont déclaré qu'un employé municipal de Calvia sur l'île méditerranéenne de Majorque, est mort des suites de ses blessures lundi après avoir été écrasé par la chute d'un arbre. Dimanche, un chauffeur de taxi de l'île est mort dans les mêmes circonstances. Six autres personnes sont mortes dans des accidents liés à la tempête après que les pluies torrentielles soutenues par forts vents ont commencé à s'abattre sur l'Espagne, jeudi. Des dizaines de villes et de villages du nord ont été isolés en raison des importantes chutes de neige tandis que le service de ferry reliant les Baléares au continent a été interrompu. Des vents atteignant les 120 km/h et des vagues de près de dix mètres ont balayé les côtes de Majorque et de Minorque ainsi que les côtes orientales de l'Espagne durant tout le week-end provoquant d'importants dégâts aux maisons et autres bâtiments. L'institut national de la météorologie a précisé que le mauvais temps devrait connaître une accalmie lundi et mardi mais pourrait revenir avec autant de force d'ici le week-end prochain.
Le typhon Lingling, le plus violent à frapper le Vietnam depuis 15 ans, a touché le centre du pays, et ses vents, quoique faiblissant, ont tué au moins 15 personnes, détruit des habitations et déraciné des dizaines d'arbres. Un responsable des services d'urgence a fait état de 13 morts dans la province centrale de Phu Yen. D'autres responsables de ces services indiquent qu'un adolescent a péri électrocuté dans la province de Quang Ngai et qu'un enfant de trois ans a été tué dans l'effondrement d'une maison de Binh Dinh. Le typhon a provoqué une montée des eaux de certains cours d'eau et des centaines de familles vivant sur les rives ont été évacuées. Dans cette province et dans celle de Phu Yen, 47 personnes ont été blessées. Les vents de Lingling ont quelque peu faibli ces dernières heures, passant de Force 12 sur l'échelle de Beaufort (133 km/h) à Force 10, soit autour de 102 km/h, avant même d'aborder les côtes. Dimanche à 21h00 GMT, le typhon était centré sur la province de Phu Yen. Sept provinces étaient touchées par les vents et les pluies diluviennes, de Quang Tri à Khanh Hoa. Dans les prochaines 24 heures, Lingling devrait se décaler vers l'ouest, ce qui devrait le conduire vers le nord du Cambodge et le sud du Laos. Lingling est le premier typhon à toucher le centre du Vietnam cette année, même si, en octobre, un système dépressionnaire a provoqué des pluies torrentielles et des inondations dans huit provinces centrales, qui ont fait au moins 44 morts.
Six personnes ont été tuées et 2 autres sont portées disparues à la suite de glissements de terrain provoqués par des pluies torrentielles dans la province de Rize (nord-est de la Turquie), sur la mer Noire. Quatre personnes ont été tuées dans la ville de Camlihemsin, ensevelies dans deux maisons prises dans des glissements de terrain. Deux autres ont été tuées à Cayeli. Deux autres personnes sont portées disparues à Cayeli et une troisème a été blessée à Camlihemsin, mais son état est satisfaisant. De fortes chutes de pluie ont commencé samedi et se sont poursuivies dimanche, provoquant inondations et glissements de terrain, bloquant les routes menant à des douzaines de villages et détruisant des pylônes électriques. Des cellules de crise ont été mises en place dans 6 villes affectées en vue de dégager les routes et d'aider les populations affectées, et que les écoles seraient fermées lundi et mardi dans ces villes.
Dimanche 11 novembre 2001 :
Alger s'est réveillée dimanche abasourdie après la catastrophe qui a fait plus de 300 morts samedi dans la ville, à la suite des pluies diluviennes sur le nord de l'Algérie, se demandant comment ce drame sans précédent a pu arriver. Dimanche matin, le bilan des intempéries qui se sont abattues vendredi et samedi sur le pays était toujours de 287 morts et près de 300 blessés dans la capitale et d'une vingtaine de morts dans le reste de l'Algérie. Mais ce bilan provisoire risque de s'alourdir. La pluie qui avait cessé samedi après-midi a repris dimanche matin comme annoncé par la météo, suscitant à nouveau l'inquiétude chez les Algérois. Toutefois, les prévisionnistes ont rassuré en affirmant que ces pluies seraient éparses et que la perturbation devrait s'atténuer d'ici à mardi. Certains quartiers, en particulier le faubourg populaire de Bab El Oued, le plus touché, à l'ouest de la capitale, offrait le spectacle désolant de voitures, de camions et de cars renversés et écrasés à de nombreux carrefours, tandis que l'armée et les pompiers s'efforçaient de dégager les corps des dernières victimes. Deux corps avaient pu être retirés en début de matinée d'un car à l'entrée de ce quartier. Dans les autres quartiers, les habitants et les secouristes s'affairaient à dégager la boue qui a transformé certaines rues du centre ville et des hauteurs environnantes en véritables chemins de campagne. De nombreux Algérois se demandaient comment une telle catastrophe, sans précédent, avait pu se produire, événement que le ministre de l'Intérieur Yazid Zerhouni a qualifié de "catastrophe nationale". Un conseil de gouvernement d'urgence devait se réunir dimanche pour prendre les mesures adéquates afin de venir en aide à la population. Outre les morts et les blessés, plus de 1.500 familles sont sinistrées sur Alger et 4.000 dans le reste de l'Algérie. Déjà, la presse s'interroge sur l'origine de ce drame et a commencé à stigmatiser "l'incompétence et l'irresponsabilité des autorités". Tous les journaux, y compris El Moudjahid, considéré comme le porte-parole du gouvernement, ont été unanimes pour dénoncer les carences de gestion et de prévention, qui selon eux, sont plus à l'origine de cette catastrophe que les "caprices du ciel". "Ce qu'a vécu hier Alger n'était pas une véritable tempête, les pluies étaient certes abondantes, mais pas au point d'occasionner autant de morts, autant de sinistrés et autant de drames, si des mesures préventives avaient été arrêtées et appliquées", estimait Liberté. De son côté, L'Expression soulignait que "des vies humaines auraient pu être épargnées si nos responsables locaux avaient cessés de s'adonner à leurs activités de prédilection, le laisser-aller et le je m'enfoutisme". Ce journal ajoutait qu'il n'y avait "aucune tchipa" (dessous de table) à "espérer avec des égoûts à désengorger". Le ministre Zerhouni a convenu d'ailleurs qu'il y "avait des leçons à tirer" de cette catastrophe car la plupart des victimes dans les maisons effondrées avaient construit leurs habitations de "manière anarchique sur des remblais et cuvettes d'oueds".
La Croix Rouge française a lancé dimanche un appel à la générosité en faveur des sinistrés de la région d'Alger, où se sont abattues samedi des pluies diluviennes qui ont fait plusieurs centaines de victimes. La Croix Rouge Française doit envoyer lundi du matériel spécialisé pour aider à l'organisation des secours et du nettoyage sur place. "Nous envoyons surtout du matériel de relevage et de nettoyage. Il faut absolument éviter que la boue ne sèche et devienne du béton sinon on n'arrive plus à la retirer. Il faut aller très vite, nettoyer très rapidement, y compris sous la pluie", a indiqué la Croix-Rouge. Les fonds collectés seront transmis au Croissant Rouge Algérien, société soeur de la Croix Rouge française qui entretient des "relations étroites" avec elle. Ils serviront à financer des opérations de déblaiement, de relogement de personnes sans ressources et de prise en charge de soins aux blessés. Les prévisions météorologiques des prochains jours ne permettent pas d'espérer un arrêt rapide des pluies, ce qui devrait encore aggraver la situation. Les dons peuvent être envoyés par chèque (Croix Rouge française - Solidarité Alger, BP 100, 75008 Paris) ou par internet : Croix-rouge française. La tempête tropicale Lingling, qui a fait plus de 200 morts et 135 disparus aux Philippines se dirige vers les côtes du centre du Vietnam qu'elle devrait frapper dans la nuit de dimanche à lundi. Lingling se déplace à une vitesse de 10 à 20 kilomètres/heure et se trouvait dimanche matin à 300 km des côtes des provinces centrales de Da Nang et de Phu Yen. Les vents accompagnant la tempête tropicale atteignaient de 118 à 133km/h. Le Comité national de lutte contre les imtempéries a demandé aux autorités locales de prendre les mesures nécessaires pour prévenir des conséquences que peut causer la tempête et a appelé la population à suivre en permanence les informations sur Lingling qui pourraient être diffusées par la radio et télévision. La tempête Lingling avait touché dans la nuit de mardi à mercredi le sud des Philippines, causant des glissements de terrain et des inondations très rapides qui avaient surpris les habitants dans leur sommeil.
Outre les inondations et chutes de neige importantes, l'Espagne a également connu le passage d'une tornade vendredi, dans le sud de la ville de Motril. Cette tornade était toutefois de force F0, n'occasionnant que des dégâts mineurs et aucune personne n'a été blessée.
Samedi 10 novembre 2001 :
Trois cent cinq personnes, dont 287 à Alger, sont décédées en Algérie dans les intempéries qui se sont abattues depuis vendredi sur le nord du pays. Le précédent bilan faisait état de 189 morts, dont 173 à Alger. Près de 300 personnes ont également été blessées. Ce bilan provisoire risque malheureusement de s'alourdir. Deux personnes sont également portées disparues. Cette catastrophe qui frappe Alger est sans précédent. Elle intervient alors que le pays connaissait une période de sécheresse le menaçant d'une pénurie d'eau. Les pluies torrentielles sont tombées sur tout le nord du pays depuis vendredi matin et ont redoublé samedi matin sur la capitale sous forme d'orages accompagnés de violentes rafales de vent. Pendant la nuit ces pluies n'avaient cessé. La plupart des victimes ont été emportées par les eaux ou ensevelis dans l'effondrement de leurs maisons. Un grande partie des décès dans la capitale se sont produits dans des quartiers périphériques de la ville en pente, bâtie en partie sur des collines. Les autorités ont déclenché le plan d'urgence ORSEC pour venir au secours des victimes, alors que les prévisions météorologiques ne sont pas bonnes pour la journée de dimanche. Les pluies sur la capitale ont cessé en début d'après-midi samedi. De nombreux corps ont été retrouvés à Bab-El-Oued, à l'ouest d'Alger, après avoir été emportés par les pluies venant des hauteurs de la ville. Le carrefour de Triolet au pied de collines au flanc desquelles sont accrochées de pauvres maisons installées de manière sauvage sur une terre friable s'est transformé au fil des heures en un immense cimetière où gisaient de nombreux cadavres emportés par la boue de glissements de terrains. L'accès à cet endroit était impossible en raison d'une circulation totalement paralysée par la boue et les voitures renversées, ce qui rendait extrêmement délicat la tâche des sauveteurs. Alger était quasiment paralysée samedi par ces intempéries qui ont provoqué aussi des coupures de courant, de téléphone et des inondations dans de nombreux quartiers où les écoles ont été fermées et les approvisionnements impossibles. Au coeur de la ville, la place Audin au pied de la principale artère, la rue Didouche Mourad, était recouverte d'une épaisse couche de boue et de gravats offrant un spectacle de désolation, alors que des automobilistes essayaient désespérément de se frayer un chemin. Dans cette artère, la plus commerçante d'Alger, deux personnes ont été tuées, emportées par les eaux boueuses.Alger n'a pas été la seule ville durement touchée par les intempéries. A Oran, la grande métropole de l'ouest, les pluies diluviennes ont provoqué d'importants dégâts, notamment au port où des embarcations des services de secours ont coulé. Une jeune fille a été tuée dans l'effondrement d'un immeuble dans cette ville. Dans le reste du pays, six personnes sont mortes à Tipaza (70 km à l'ouest d'Alger) emportées par les crues de deux oueds. Deux enfants se sont noyés dans un oued à Médéa (80 km au sud d'Alger). Dans l'est du pays, huit personnes sont mortes dans des accidents de la circulation dus à ces intempéries, alors qu'une vingtaine d'autres personnes étaient blessées. Une sécheresse persistante sévissait depuis la fin de l'été en Algérie où le rationnement de l'eau avait été imposé d'une manière drastique, notamment à Alger où elle n'est plus distribuée qu'un jour sur trois. Jeudi des prières spéciales avaient été dites dans toutes les mosquées du pays pour attirer la pluie sur l'Algérie.
La tempête, accompagnée d'une vague de froid, qui touche l'Espagne depuis vendredi, a fait deux morts et paralysé vendredi et samedi une partie du pays. Un cycliste de 75 ans a trouvé la mort après avoir été projeté sous les roues d'une voiture par une rafale de vent dans la région de Girone (est) et un motard, atteint par une branche emportée par le vent, a effectué une chute mortelle dans la région d'Aranjuez (centre). Quatorze régions ont été mises en état d'alerte en raison des intempéries. Dans le nord, de nombreux cols et autoroutes ont été partiellement interdits à la circulation en raison des chutes de neige. Dans le sud, le fort vent a conduit à la suspension des traversées maritimes entre Melilla (enclave espagnole au nord du Maroc), où d'importantes chutes de pluie ont entraîné des inondations, et Malaga et Almeria. 1500 passagers sont actuellement en attente. Les chutes de neige, parfois importantes, enregistrées depuis vendredi matin sur les Alpes à partir de 400 mètres d'altitude ont contraint les responsables de la circulation à fermer les grands cols alpins, à plus de 2.000 mètres. Ainsi, les cols de La Madeleine, du Glandon, du Petit Saint-Bernard, du Cornet de Roseland, de l'Iseran, du Galibier et de La Croix de Fer sont fermés depuis vendredi à toute circulation. Cette fermeture est provisoire et la réouverture dépendra des conditions météorologiques. Le col du Mont-Cenis (Savoie, 2.083m d'altitude), reliant la France à l'Italie est lui fermé depuis vendredi matin pour toute la saison d'hiver. Les services de la Sécurité routière recommandent la plus grande prudence aux automobilistes empruntant les routes des Alpes où des chutes de neige se poursuivaient vendredi en fin de journée.
Les premières chutes de neige sont tombées, vendredi, sur les sommets vosgiens qui s'ouvriront dès dimanche aux skieurs, avec l'aide des canons à neige. Vendredi soir, les cols et sommets vosgiens étaient revêtus d'une couche de 10 à 15 cm de neige. Les températures négatives (légèrement en dessous de zéro) et l'annonce d'une forte bise de nord-est devraient faire tenir la neige dans les prochains jours, avec une chute des températures à moins 15 degrés. Au col de la Schlucht (1.139 mètres) et dans la montée vers le ballon d'Alsace, la mince couche de neige a fondu mais aussitôt regelé, rendant les équipements d'hiver obligatoires sur les routes, avec huit jours d'avance sur l'année précédente. Dans un premier temps, seules les petites pistes pour débutants devraient s'ouvrir aux skieurs.
Les premières neiges sont tombées dans la nuit de jeudi à vendredi sur la chaîne des Pyrénées et cinq cols étaient fermés à la circulation. Les cols de Puymorens (Ariège), d'Aubisque (Pyrénées-Atlantiques) du Tourmalet, d'Aspin et de Soulor (Hautes-Pyrénées) sont fermés à la circulation. A la station de Gourette (Pyrénées-Atlantiques), 30 cm de neige sont tombés dans la nuit et les intempéries continuent. En raison de la neige, les équipements hivernaux sont obligatoires pour accéder au pas de la Case et en Andorre et pour franchir les cols du Pourtalet, du Somport et de Peyresourde.
Le littoral des départements du Nord et du Pas-de-Calais a été balayé par de forts coups de vent et abondamment arrosé de violentes averses de pluie et de grêle dans la nuit de jeudi à vendredi, provoquant de sérieux dégâts dans la région de Dunkerque mais pas de victime. Les vents ont soufflé de 80 a 100 km/h. Plus de 300 interventions sur un total de 465 ont été effectuées pour la seule agglomération dunkerquoise. A Dunkerque, 400 élèves d'un lycée professionnel se sont retrouvés en congé vendredi, en raison des graves dommages subis par leur établissement. Des bâtiments préfabriqués ont été détruits et des locaux endommagés. Toutefois, les cours devraient reprendre lundi. A Socx, près de Dunkerque, plus de 200 mètres carrés de toiture de l'usine Coca-Cola ont été soufflés par le vent. L'arrêt du travail dans le principal site européen de conditionnement du groupe américain de boissons gazeuses a été décidé par mesure de sécurité. L'entreprise, qui emploie 240 personnes, écarte l'éventualité d'une mise au chômage technique de ses salariés avant de connaître le résultat des expertises sur les dégâts. A Coudekerque-Branche, près de Dunkerque, un magasin de meuble et d'électroménager a été fortement endommagé. Une partie de l'établissement s'est effondré. Par ailleurs, une vingtaine de personnes, dont les habitations ont subi des dommages, ont été relogées. A Cappelle-la-Grande, une grue de chantier s'est abattue sur des maisons en construction. Enfin, la foudre est tombée sur le centre de secours de Gravelines, près de Dunkerque. Les sapeurs-pompiers déplorent des dégâts dans un logement de fonction. A Calais, le trafic maritime transmanche a été fortement perturbé dans la journée de vendredi. Les retards des ferries reliant Douvres à Calais atteignaient vendredi jusqu'à 2h30 en raison d'une mer très forte. En conséquence, de longues files de poids lourds se sont formées sur le terminal d'embarquement. à Calais. Par ailleurs, les catamarans de la société Hoverspeed ont dû rester à quai. Le trafic transmanche devrait retrouver son état normal d'ici samedi.
L'ouragan Michelle, le plus dévastateur de ces 50 dernières années à Cuba, a porté un nouveau coup à l'économie de l'île, déjà fragilisée par les répercussions des attentats du 11 septembre. Le gouvernement cubain a reconnu jeudi que l'ouragan Michelle - qui a fait 5 morts - avait infligé les pertes matérielles les plus graves que l'île ait jamais connu dans un désastre de ce type. Les "dégâts matériels sont importants, de beaucoup supérieurs à ceux provoqués en d'autres occasions depuis le triomphe de la Révolution", a déclaré à la télévision le vice-président Carlos Lage, qui a précisé que 45% du territoire abritant 53% de la population de l'île avait été affecté. Plus de 45.000 habitations ont été endommagées, des milliers d'entre elles totalement détruites. "On peut affirmer qu'aucun des ouragans qui a traversé notre pays n'a produit des dommages économiques de cette ampleur" a ajouté M. Lage. Dans certaines zones, l'électricité ne pourra être pas rétablie avant un mois en raison de la chute de 125 pylônes de haute tension. Le vice-président, artisan des prudentes mesures économiques de l'île, s'est toutefois refusé à donner des chiffres, précisant qu'un bilan détaillé serait donné à la population après "le travail minutieux et sérieux de compilation d'information des dommages en train d'être réalisé". Mais, en endommageant gravement les cultures d'agrumes, de bananes et de canne à sucre de la région centrale de l'île particulièrement importantes pour l'agriculture du pays, "le plus grave est à venir" estime un diplomate. Dans une note diplomatique envoyée jeudi à Washington, le gouvernement cubain a décliné l'offre des Etats-Unis d'apporter une aide humanitaire à Cuba après le passage de l'ouragan, tout en relevant que "jamais un tel geste ne s'était produit" en 40 ans de relations houleuses entre les deux pays et qu'il était "apprécié à sa juste valeur".
Les règles de mise en oeuvre du protocole de Kyoto ont été adoptées à Marrakech. Les ministres et représentants des 167 pays présents à la conférence de Marrakech les ont approuvé en séance plénière lors de la conférence de l'ONU sur le climat. Ils ont également adopté par consensus une décision portant à 33 millions de tonnes le forfait de puits, soit le stockage des gaz à effet de serre par les forêts et les terres cultivées, reconnu à la Russie. Cette demande avait bloqué pendant trois jours les délibérations des ministres sur les modalités de fonctionnement du protocole. L'adoption de ces règles, en négociation depuis la conclusion de Kyoto en 1997, va ouvrir la voie à la ratification du protocole. Celui-ci impose 5,2% de réduction d'emissions de CO2 et de cinq autres gaz à 39 pays industriels à l'horizon 2010 par rapport à 1990. L'accord a été conclu par les ministres de l'Environnement et de l'Energie de 164 pays au terme de deux semaines de négociations sous l'égide des Nations unies dans la ville impériale marocaine. Il dresse un règlement détaillé pour l'application du traité appelé à limiter le réchauffement climatique. Peu après le chef de la délégation russe, Alexandre Bedritsky, a annoncé que son pays était désormais disposé à ratifier le protocole. La ministre japonaise de l'Environnement, Yoriko Kawaguchi, s'est abstenue pour sa part de promettre la ratification de Kyoto par son pays. Le Japon et la Russie sont les deux pays clés d'une entrée en vigueur du protocole depuis la défection des Etats-Unis en mars. Washington a annoncé qu'elle ne ratifierait pas le protocole, le jugeant trop contraignant et injuste parce qu'il n'impose que des obligations d'inventaires aux pays en développement.
Au moins 35 personnes sont mortes à la suite d'un glissement de terrain qui a enseveli la maison dans laquelles elles s'étaient réunies pour fêter une noce à Trivandrum dans le sud de l'Inde. A l'heure du drame vendredi soir, une cinquantaine de personnes se trouvaient réunies dans la demeure. Ils dormaient dans la maison quand un pan de la colline la surplombant s'est effondré. Les fortes pluies de ces derniers jours sont à l'origine de la catastrophe. Le bilan risque de s'alourdir alors que les secouristes poursuivent leurs recherches dans les décombres. Les pluies torrentielles tombées le mois dernier sur l'Etat de l'Andhra Pradesh dans le sud de l'Inde ont causé la mort de 78 personnes. En septembre, des inondations subites causées par les précipitations avaient causé la mort de plus de 200 personnes dans l'Uttar Pradesh dans le nord de l'Inde.
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